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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 11:31

Depuis plusieurs années - conséquence évidente de la "crise" - les porteurs de projets d'intérêt social ou culturel de toutes sortes s'inquiètent d'être abandonnés par les pouvoirs publics, l'Etat, les communes et toutes les collectivités intermédiaires. Ils sont devenus tellement dépendants des subventions publiques qu'ils n'arrivent pas à envisager l'avenir sans elles. Déjà l'an dernier un collectif d’associations françaises demandait, non seulement le maintien de leurs subventions, mais aussi leur augmentation, rendue nécessaire par l'accroissement des besoins, lié précisément à la crise. La semaine dernière, lors d'une réunion en Italie, j'ai entendu le même discours. Et cela au moment ou même les services publics les plus utiles (éducation, santé, défense) doivent se serrer la ceinture. Et aussi quand les budgets des communes sont en baisse. Soyons réalistes.

Dans le même temps, ces mêmes porteurs de projets ne parviennent pas à adopter une démarche d’entreprise sociale, qui consisterait à se doter d'un capital social et augmenter les recettes propres, c'est à dire à rendre payants certains services, à créer de nouvelles activités clairement marchandes ou encore à rendre plus coûteuse l'adhésion de leurs membres. On reste dans l’ambiguïté du caractère "non-lucratif" des structures associatives, qui est presque toujours compris comme interdisant de faire des bénéfices, alors qu'il interdit seulement de partager ces bénéfices entre les membres et entre les salariés.

Un projet social, bien géré dans l'intérêt de ses objectif statutaires, devrait toujours faire des bénéfices, pour pouvoir développer son activité et répondre de plus en plus et de mieux en mieux à la demande de ses membres ou de ses publics-cibles.

On parle souvent, en désespoir de cause, de faire appel à des financements privés, à travers le mécénat ou dans le cadre de programmes relevant de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises (voir par exemple http://www.lerameau.fr). Je crains toutefois qu'il soit difficile de faire prendre nos projets au sérieux par des entreprises classiques (qui, elles, doivent rémunérer leurs actionnaires et leurs prêteurs), tant que l'on nous considérera comme dépendant de subventions et comme incapables d'adopter un comportement entrepreneurial responsable.

Je crois donc qu'il faut changer résolument d'attitude vis-à-vis des pouvoirs publics et progressivement sevrer nos organisations de la dépendance financière à leur égard. Cela signifie remplacer le cordon ombilical budgétaire par deux autres liens, essentiels mais que nous ne cultivons pas assez:

- un lien politique: nous avons besoin d'être reconnus, soutenus, encouragés, politiquement, administrativement, techniquement par les élus et par les fonctionnaires aux différents niveaux: local, départemental ou régional, national. cela s'applique aussi aux institutions publiques (établissements d'enseignement, de santé, services fiscaux, etc.). Et cela parce que nous sommes utiles (notion d'utilité sociale).

- un lien matériel: les services publics et les institutions possèdent des quantités de moyens matériels qui peuvent être mis à notre disposition de façon gratuite et qui seront équivalents à des subventions, mais qui constitueront une aide beaucoup plus significative et symbolique, pouvant d'ailleurs entraîner de notre part des retours de services (notion d'optimisation des ressources).

Il s'agit de remplacer la relation traditionnelle de financement octroyé, quasi-clientéliste, par une relation nouvelle de coopération et de collaboration réciproques.

Conséquence et corollaire d'un tel changement, les financements publics ne seraient plus des subventions, mais des achats de services d'intérêt général par le secteur public à des entreprises privées d'économie sociale et solidaire. Ce qui suppose évidemment que ces entreprises proposent également des services professionnels, de qualité, compétitifs. Mais cette exigence mériterait une autre développement.

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Published by hugues-interactions - dans Actualité
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