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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 17:03

Je viens de passer cinq jours à Trente et dans la province autonome du Trentin, à l'occasion d'une réunion d'écomusées italiens sur le thème "patrimoine culturel, communauté et développement local" (15-16 novembre). Cela m'a permis de visiter plusieurs écomusées et de rencontrer certains coordonnateurs, animateurs et responsables administratifs des écomusées du Trentin et d'autres régions d'Italie. Il faut reconnaître que le Trentin a été, depuis les années 2000 le principal soutien du remarquable réseau de coopération entre écomusées Italiens et européens appelé Mondi Locali et aussi de la publication des actes en anglais de la rencontre des écomusées en Chine (2005).

Plusieurs choses m'ont frappé:

- la rencontre était organisée avec "l'Ecole de la communauté" un groupement de personnalités du Trentin liées notamment au mouvement coopératif économique et social, qui s'est créé pour provoquer des réflexions sur des sujets de l'actualité la plus vitale de notre époque. J'ai seulement regretté qu'il n'y ait pas eu plus d'interventions de la part des coopérateurs, car je crois effectivement que les écomusées ont beaucoup à partager avec eux.

- la relation entre musées et écomusées prend ici plusieurs formes (collaboration scientifique ou échanges professionnels par exemple), mais surtout une intégration des petits musées locaux traditionnels (avec collections et expositions permanentes) dans le dispositif des différents écomusées. C'est ainsi que l’écomusée de Tesino comprend dans son réseau local la maison-musée de Alcide Degasperi et le musée de l'estampe, ou que l'écomusée de Peio intègre un petit musée remarquable de la guerre de 14-18. L'écomusée, en tant que tel, n'a pas de collection et son activité d'exposition est réduite ou temporaire, mais il reconnaît que les musées locaux de son territoire sont des éléments importants du patrimoine, au même titre qu'un monument, une bibliothèque, et en général le paysage.

- l'existence en Italie du concept de "musée diffus", un musée classique qui travaille effectivement sur un territoire, bien au delà de ses murs. C'est le cas du Musée de sciences de Trente (MUSE) qui a des antennes dans toute la province et aussi, en Piémont, du Musée de la Résistance de Turin. Ces musées ne sont plus enfermés dans leurs murs et servent des populations et des publics plus larges en allant jusqu'à eux.

- l'importance du travail en réseaux, tant à l'intérieur de chaque territoire (voir sur ce point de que Laura Gavinelli en a dit dans sa thèse qu'il faudrait bien publier !) que entre écomusées dans la province. J'ai constaté l'importance de ces liens de solidarité et de coopération pour la reconnaissance de l'écomusée comme un élément des stratégies de développement de la province.

- la préparation de la Conférence générale de l'Icom en 2016 et celle de l'Expo universelle de Milan en 2015 ont amené les participants à s'interroger une nouvelle fois sur la nécessité d'un réseau national d'écomusées, prenant le relais de Mondi Locali qui connaît actuellement les difficultés de tout groupe purement volontaire, sans structures permanentes. Ce réseau national placerait les écomusées italiens sur le même plan que des autres groupements de musées, d'art, d'archéologie, de sciences, etc. Il pourrait aussi coopérer avec les autres groupements d'écomusées ou de musées communautaires existant en France, au Portugal, au japon, au Mexique ou au Brésil.

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Published by hugues-interactions
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