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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 16:12

Iñaki Arrieta Urtizberea (Universidad del Pais Vasco) vient de publier un nouveau livre collectif, dans la série où il rassemble chaque année des contributions de divers pays sur les nouvelles pratiques en matière de patrimoine et de musées. Cette fois, il s'agissait, à la suite d'un colloque organisé et animé par Iñaki à San Sebastian en 2013, de s'interroger sur les utilisateurs du musée et du patrimoine: correspondent-ils à la définition traditionnelle du public ou des publics, ou bien faut-il penser en termes d'usagers, ce qui fait penser à des consommateurs, ou bien encore parlons-nous d'habitants, de membres de communautés locales qui jouissent de leur patrimoine, sur leur propre territoire ?

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Iñaki Arrieta Urtizberea (Ed.), La sociedad ante los museos - Publicos, usuarios y comunidades locales, Argitalpen Zerbitzua, Servicio editorial, Bilbao, 2014, 212 pages.

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L'introduction de Iñaki Arrieta donne le ton: "Publics et musées: entre la démocratie culturelle et la mercantilisation du patrimoine". Il montre bien la différence entre grands et petits musées, entre études de public et études de marché, entre public-objet et public-sujet.

A côté d'articles théoriques et d'études de cas pratiques, j'ai été particulièrement intéressé par le texte de Mauricio Rojas Alcayaga (Universidad Alberto Hurtado, Chili): "Museos y comunidad. Estrategias creativas para publicos en barrios patrimoniales" (pages 53-74)

Il y décrit de façon très vivante l'histoire d'un quartier populaire de Santiago, Matta, qui a donné naissance, selon un processus de gestation complexe mais très "culturel", à un musée communautaire, pour la reconnaissance et la valorisation, par et pour les citoyens eux-mêmes, de ce que l'auteur appelle un patrimoine "barbare", c'est à dire issu des marges de la société.

Il pourrait être intéressant de provoquer une rencontre de travail internationale entre les promoteurs et les responsables de centres patrimoniaux communautaires dans des quartiers marginaux métropolitains tels que Matta, Lomba do Pinheiro, Maré, Bom Jardim, Milano Norte, etc. Comme le dit très bien le Prof. Rojas, on n'est plus là devant de simples processus écomuséologiques, mais devant quelque chose de plus nouveau et de plus dynamique encore, une véritable transformation de la communauté, de l'intérieur et par elle-même, la mémoire et le patrimoine étant à la fois le matériau et le carburant de cette dynamique. Il serait passionnant d'en faire exprimer la théorie et les principes par ceux-mêmes qui les vivent. Cela pourrait donner une suite à la table-ronde de Santiago !

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Published by hugues-interactions
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