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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 14:40

Je suis exaspéré d'entendre les porte-parole des mouvements associatifs, qu'il s'agisse du secteur de l'éducation populaire, de celui des institutions sociales, de celui de la culture, se plaindre de la diminution des subventions publiques (d'abord de l'Etat et maintenant des collectivités territoriales) qui mettent en danger leur existence et les emplois qui ont été créés libéralement, grâce à ces subventions, depuis cinquante ans.

Il faut être sérieux: la loi de 1901, qui fut une grande conquête démocratique, n'ouvrait pas le droit à subvention. C'est l'Etat et les collectivités publiques qui ont progressivement exploité les associations, et le statut associatif, pour se décharger de nombreux services publics. Encore maintenant, il est plus facile de provoquer la suppression d'emplois associatifs en coupant dans les subventions, que de supprimer des emplois publics !

Il serait temps de cesser de pleurer et de réclamer non seulement le retour des subventions, mais encore plus de subventions...

C'est au monde de l'Economie Sociale tout entier qu'il revient, sans faire appel à l'Etat, de faire revenir les associations à la loi de 1901, en privilégiant le bénévolat, la philanthropie, la réponse locale à des besoins sociaux, culturels, éducatifs et autres, par la mobilisation volontaire de moyens humains, intellectuels, techniques, matériels, financiers. Les aides publiques devraient rester marginales, plutôt facilitatrices que déterminantes.

Pour le reste, c'est à dire pour les milliers d'entreprises actuellement sous statut associatif, il existe des statuts d'économie sociale, fonctionnels, adaptés, diversifiés: les Sociétés coopératives d'intérêt collectif (SCIC), les Unions d'économie sociale (UES), les Fondations, les Groupements d'intérêt public (GIP), les sociétés coopératives (SCOP). Il y a aussi les statuts ordinaires (SARL, SA, etc.) qui, sans être formellement d'économie sociale, peuvent parfaitement en respecter les principes: non rémunération du capital, égalité des droits des associés indépendamment de leurs apports, gestion démocratique. Il y a aussi les sociétés d'économie mixte qui devraient plus souvent être chargées de gérer des équipements publics locaux, en associant aux collectivités publiques les autres parties prenantes intéressées.

Et cessons de parler sans cesse de "secteur non-lucratif": toute entreprise d'économie sociale (y compris l'association) a vocation à gagner de l'argent, c'est-à-dire à faire du profit, mais ce profit ne doit pas rémunérer les associés ou les porteurs de parts du capital. Il doit servir à pérenniser l’entreprise et à contribuer à son objectif social. Ceci à la condition de ne pas toujours mieux rémunérer ses propres cadres.

Qui osera relever ces défis, et proposer publiquement la fin du tout-associatif ?

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Published by hugues-interactions
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