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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 10:51

Au Brésil se tient actuellement le "Printemps des Musées", qui est l'occasion de nombreuses manifestations. J'ai noté plus particulièrement certaines activités qui se développement dans l'état de Pernambouc (capitale Recife), dont je retrouve des échos dans les nouvelles publiées par Alexandre Gomes sur le groupe Facebook du Rede Cearense de Museus Comunitários, le réseau des musées communautaires des Musées du Ceará, un des meilleurs outils d'information sur l'innovation muséologique au Brésil. Ce que j'ai relevé se rapporte à l'explosion du dynamisme et du nombre des musées indigènes au Brésil, dont j'avais déjà été témoins lors de ma dernière visite dans ce pays.

 

Je me permets donc de traduire et de reproduire ici quelques informations qui peuvent intéresser, au delà du Brésil, tous ceux pour qui le patrimoine des peuples autochtones doit être géré par les autochtones eux-mêmes. (et pardon pour la traduction approximative !)

 

  1. Extraits d'un document introductif à un ensemble de manifestations qui se tiennent du 21 au 25 septembre à l'Université Fédérale de Pernambouc, à Recife, sur "Histoires symboliques de la culture et du travail des indiens en Pernambouc"

     

Le thème Musées et Mémoires indigènes nous incite à une réflexion sur la diversité socio-culturelle des plus de 200 peuples indigènes qui vivent dans notre pays, qui représentent un des principaux patrimoines existant sur le territoire national. [...]

Les composantes majeures de la construction de l'identité nationale que sont les traditions et la cosmogonie des peuples qui habitaient le territoire avant même la création du Brésil, ont été documentés par l'archéologie, l'histoire, l'anthropologie et la linguistique, dont les résultats ont été présentés dans différentes institutions muséologiques de notre pays et à l'extérieur. Pendant de nombreuses années, la manière de les montrer les situait comme appartenant au passé; on n'envisageait pas qu'ils puissent avoir un futur,, en raison du contact toujours plus étroit avec les autres éléments de la société nationale. Pourtant, à l'inverse de cette attente, les indiens sont bien là, présents dans le quotidien du pays, avec leurs savoirs, leurs cultures, langues, mythes, rituels, musiques. Dans leurs constants efforts d'actualisation et d'enrichissement, les musées historiques et ethnographiques se sont vus obligés à renouveler leur regard et leur message concernant ces peuples et leurs patrimoines culturels. Abandonner les conceptions stéréotypées et contribuer à la défense des droits des indigènes figurent maintenant au programme de ces institutions, qui font de la lutte contre les préjugés un axe central de leurs discours.

Dans ce processus de transformation, les institutions muséales en sont venues à incorporer des représentants indigènes dans dans leurs programmes de travail, de manière à les faire intervenir dans la construction de leur propre image. [...]

Bien plus, de nombreuses ethnies, au Brésil, construisent aujourd'hui, ou se préparent à construire leurs propres musées, comme un moyen de s'approprier le discours sur soi-même. Cet effort est appuyé par le Ministère de la culture, l'Institut brésilien des musées, le Musée de l'Indien (Fondation nationale de l'Indien), des services culturels des états et des municipalités, et des organisations non-gouvernementales. Nous pouvons citer, comme exemples d'institutions qui contribuent à redéfinir le concept même de musée et à mettre en évidence l'importance de la diversité socio-culturelle et de la promotion du dialogue interculturel: le musée Maguta des Ticunas, à Benjamin Constant, le musée Kuahi des Palikur, Karipuna, Galibi et Galibi Marworno à Oiapoque, le musée des Kanindé en Aratuba, entre autres. Plus qu'un lieu de préservation de la mémoire et de la formation de chercheurs indigènes, ces musées apparaissent comme faisant partie d'une stratégie efficace d'insertion de leurs populations dans le monde contemporain.

Le partenariat établi avec les indigènes est une des plus importantes initiatives pour la construction d'une société inclusive et démocratique. La préservation, l'exposition et l'étude de ce riche patrimoine culturel, qui aident à déconstruire les préjugés, sont aujourd'hui des thèmes présents dans les demandes de diverses ethnies, à côté de sujets comme la santé, l'éducation et la protection de l'environnement et des territoires. Et, dans ce contexte, les musées peuvent et doivent être des alliés de grande valeur. [...]

Museu do Índio/ Fundação Nacional do Índio et Instituto Brasileiro de Museus

 

  1. Une première rencontre de formation en muséologie pour les peuples indigènes s'est tenue à Pernambouc, en juin 2015, avec une cinquantaine de participants

 

  1. Le Réseau indigène de mémoire et de muséologie sociale au Brésil est très présent sur Facebook. Il dispose de délégations dans les différents états.

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Published by hugues-interactions - dans Patrimoine et communautés
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