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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 09:48

J'ai assisté hier à un grand colloque organisé par une association que j'ai récemment découverte: OLD'UP. Le thème était "Comment l'esprit vient aux vieux !". C'est bien la première fois que je m'intéressais à la question des vieux et du vieillissement. J'ai entendu beaucoup de psychiatres, psychanalystes, psychologues et autres gériatres très compétents et expérimentés qui m'ont beaucoup appris et surtout m'ont fait réfléchir. Je ne parlerai pas des débats. On trouvera sur le site de l'association (www.old-up.eu) non seulement le programme mais aussi les interventions enregistrées en "live".

Mais je voudrais partager quelques idées, non approfondies mais que j'ai notées en contrepoint ou en réaction à ce que j'ai entendu.

- Notre société - les institutions comme les individus, en France mais peut-être ailleurs aussi - identifie la date de la retraite professionnelle avec l'entrée dans la vieillesse; elle en fait une rupture, les optimistes parlent de deuxième vie, les pessimistes calculent le temps qui leur reste avant la mort. Je crois que la vie est une aventure continue, de la naissance à la mort, dont les modes d'occupation changent, ainsi que les moyens disponibles pour remplir les responsabilités que l'on doit assumer à chaque âge.

- Le vieux est indissociable de sa famille et de son environnement social. A 70 ans, beaucoup ont encore un ou deux parents vivants qui ont besoin d'eux, plus des enfants et des petits enfants qui ont aussi besoin d'eux, mais différemment. Quant à l'environnement, qu'il s'agisse d'engagement confessionnel, politique ou associatif, il représente un échange de l'ordre du don, où le vieux atteint le maximum de son utilité et de son efficacité (moyens financiers, compétences, temps libre). Dans ces deux domaines, le vieux subit des contraintes et des obligations nouvelles qui peuvent gêner la pure consommation de loisirs et de plaisirs individuels, à laquelle il est sans cesse invité par l'offre commerciale et "culturelle", soutenue par la mode et le conformisme.

- Il faudrait mener une réflexion spécifique sur la place des vieux dans le développement local. Ce sont des acteurs. Une commune où la population âgée croît est considérée comme en déclin. Pourquoi ? N'y a-t-il pas des activités à inventer, des emplois et des entreprises à créer, des savoirs à valoriser, à partir de cette ressource, par les vieux, avec les vieux et pour eux. ? Aménagement et remise sur le marché d'un patrimoine immobilier vétuste; accueil de classes patrimoine ou d'ateliers-stages d'apprentissage de techniques, de recettes, de savoirs anciens; création d'emplois qualifiés d'auxiliaires de vie et d'agents para-médicaux; logement d'apprentis et de travailleurs saisonniers... tout cela qui souvent existe déjà dans certains endroits - et bien d'autres choses à inventer et à expérimenter - peut participer au développement des territoires.

- Le patrimoine, qui est une de mes préoccupations en tant que bien commun de toute communauté locale, est un héritage qui nous arrive par les vieux. Ils en sont les détenteurs, mais ils ne peuvent pas toujours en être les gardiens, cette responsabilité revenant surtout à des générations plus jeunes. Ils en sont cependant les interprètes, les médiateurs, et ils en font partie eux-mêmes, comme porteurs de l'immatériel.

- Attention à ne pas rester entre experts, spécialistes, militants issus des mouvements sociaux et culturels et des milieux aisés des grandes agglomérations. Les vieux sont partout, y compris dans le milieu rural "profond", ou dans des petites villes peu connectées à l'innovation sociale. Je pense aussi aux pays et régions d'émigration, où les plus dynamiques s'en vont, tandis que les vieux restent presque seuls à maintenir le territoire en vie et à prendre des initiatives pour convaincre les jeunes de rester ou de revenir.

- En milieu rural les foyers ruraux, en milieu urbain les centres sociaux, plus tout le milieu associatif, qui font déjà tant pour le loisir et la santé des personnes âgées, pourraient devenir des partenaires créatifs et rentables des stratégies de développement, si l'on considérait le "vieux" comme une ressource humaine disponible et mobilisable. Et je parle ici du système français de l'éducation populaire et de l'action sociale, mais je suis sûr que cela existe sous d'autres formes et d'autres noms dans tous les pays.

J'ai appris hier l'existence d'un réseau international d'échange d'expériences entre "seniors" sur le vieillissement durable, appelé "Pass It on Network". Voir http://passitonnetwork.org/

Etant vieux moi-même, je me suis fait plaisir en écrivant cela. Mais après tout un blog c'est aussi fait pour se faire plaisir !

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Published by hugues-interactions - dans Réunions et conférences
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commentaires

jean claude Casasnovas 19/10/2015 12:01

Heureusement que j'ai été plus attentif qu'à l'habitude pour cliquer sur ton message, que je trouve bien sympathique. Tes commentaires de la colonne de droites me frappent aussi.
Avec la dernière rencontre avec la Mairie 19 et la Fnars, Luc et moi avons été aussi frappés par l'inventivité dont nous avons été témoins de la part d'assoc ou d'entreprise qui se mêlent de faire recruter des handicapés ds des entreprises qui se félicitent avec l'ensemble du personnel d'y parvenir...et deux autres exemples qui nous montrent que notre imaginaire n'atteint pas le niveau inventif qui se révèle hors de nous...Voilà au moins une bonne nouvelle.

Luc Lebreton 11/10/2015 19:08

Cette réflexion est intéressante et ouvre des horizons sur un sujet pour lequel on s'arrête souvent à des opinions toutes faites.