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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 09:15

Depuis de nombreuses années, et suite à ce que j'ai appris il y a quarante ans de la politique de l'Inde en matière de "cottage industries, j'ai défendu l'idée que l'artisanat traditionnel ne pouvait survivre que s'il se confrontait aux besoins et aux goûts contemporains, et aussi aux techniques et aux matériaux nouveaux. J'avoue ne pas avoir eu beaucoup de succès, surtout quand j'ai essayé de promouvoir la commercialisation en France de productions artisanales portugaises dans les années 80.

 

Mais je viens de regrouper trois expériences, dont je connais réellement seulement deux, qui confirment cette opinion. Voci ces trois textes que je laisse dans leur formulation originale, deux en français, un en portugais, avec une petite introduction de moi (en italique), pour la replacer dans son contexte.

 

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J'ai trouvé cette information dans le dernier numéro de la Lettre de Mairie-Conseils, un organisme français d'aide aux communes rurales pour leur développement. Le territoire concerné, relativement isolé dans la montagne du Jura, possède un patrimoine essentiellement immatériel. Les productions locales sont largement inadaptées aux besoins de la société de consommation.

 

2014 -  Stimuler l'artisanat d'art : une intercommunalité s'implique
 
Animé par la communauté de communes Haut-Jura - Saint-Claude (28 communes, 24459 habitants), le dispositif «Design-moi un artisan», propose à un groupe d'artisans de travailler avec un designer pour créer des objets innovants qui seront commercialisés.
La démarche «Design-moi un artisan» a été suggérée par quelques artisans. Réunis dans l'Atelier des savoir-faire, une régie autonome de la communauté de communes Haut-Jura Saint-Claude, ils ont fait appel à des designers et autres professionnels pour les aider à concevoir un prototype innovant et commercialisable. Des formations de deux à trois jours sur une période de dix mois ont été organisées. L'opération est financée par la communauté de communes, les régions Franche-Comté et Rhône-Alpes, par l'intermédiaire du Parc naturel régional du Haut-Jura et la chambre de métiers et de l'artisanat de Franche-Comté.
La première session a eu lieu en 2010, la seconde s'est achevée en 2013, avec le soutien des élus et des artisans impliqués dans l'Atelier des savoir-faire. Un appel à candidatures a été transmis aux réseaux locaux et régionaux du grand Est de l'artisanat d'art, pour sélectionner dix artisans de divers domaines (ferronnier, fileuse de laine, chapelière, styliste, coutelier...]. Ce groupe, réuni à l'Atelier des savoir-faire, a travaillé au cours de séances mêlant théorie et pratique, sous la houlette de trois experts qui avaient pris soin de réfléchir à la complémentarité de leurs approches. Six jours ont été consacrés au design, cinq au marketing et quatre à la créativité. La dynamique de groupe, très stimulante et créative, a été particulièrement appréciée. À la fin du programme, le prototype de chaque artisan est exposé à l'Atelier des savoir-faire, d'octobre 2013 à juin 2014. Suite à la première édition, huit des onze artisans accompagnés ont commercialisé leurs créations, réalisant ainsi jusqu'à 15 à 20% de leur chiffre d'affaires. Certains artisans ont sous-traité une partie de leur production à des entreprises locales. Ils se transmettent encore aujourd'hui des informations et des contacts utiles et sont repartis avec une réserve d'idées à développer. Avant d'envisager une troisième édition, il conviendra d'évaluer l'impact économique de l'opération.
D'après l'article de Lucile Vilboux, Village-L'Acteur Rural, pour la rubrique Expériences du site www.mairieconseils.net
 www.atelierdessavoirfaire.fr 

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La société Itaipu Bi-nacional qui gère le barrage d'Itaipu, à la frontière du Brésil, du Paraguay et de l'Argentine, a lancé des projets de développement écologique et culturel à l'intention des populations des territoires impactés par le barrage et par les rivières Iguaçu et Parana.  Prmi ses initiatives, le projet Ñandeva, un atelier-école qui vise à la promotion des artisans, à leur formation et à la commercialisation de leurs créations. J'ai visité Ñandeva il y a trois ans et ai été impressionné par l'originalité et l'efficacité de ce programme. Ici j'ai retiré du site web d'Itaipu Binacinal la description d'une action particulière: l'intervention d'un designer italien destinée à changer le regard et les pratiques créatives des artisans traditionneles du territoire.

2006 - Estilista da Ferrari apresenta desenhos que retratam as Três Fronteiras

Um dos designers responsáveis pela criação da coleção de produtos para motociclismo da Ferrari, Giulio Vinaccia, apresenta nesta segunda-feira (04), às 18 horas, no Parque Tecnológico Itaipu (PTI) a primeira parte dos 450 desenhos estilizados que produziu para retratar a região das Três Fronteiras (Brasil, Paraguai e Argentina) a pedido do PTI. Os trabalhos serão mostrados durante a realização da 1ª Oficina de Iconografia do Programa Trinacional  de Desenho Artesanal Ñandeva, que será realizada de 4 a 9 de dezembro, na sede do PTI.
 Promovida com o apoio da Finep e Sebrae/PR, a Oficina de Iconografia reunirá cerca de 60 artesãos e 10 designers do Brasil, Paraguai e Argentina. Durante uma semana eles vão conhecer e aprender como aplicar os símbolos criados por Vinaccia especialmente para a região trinacional. A proposta é produzir, durante a oficina, os primeiros protótipos da coleção Ñandeva de artesanato que, a partir de abril de 2007, será comercializada no Centro do Artesanato de Foz do Iguaçu.
 Para a coleção Ñandeva, Vinaccia criou símbolos que valorizam a identidade cultural da região. “A tendência é que os produtos artesanais representem a cultura da região. As peças têm que contar a história do local onde ela foi fabricada”, explicou o desenhista.
 Além dos participantes da oficina, a pesquisa com os símbolos da região estará disponível para utilização de outros artesãos e da sociedade em geral. A idéia é difundir as imagens para que elas se tornem um referencial da região. Para isso, serão confeccionados manuais com informações sobre a aplicação da iconografia em produtos artesanais e outros materiais. As peças que se adequarem aos critérios estabelecidos poderão, inclusive, integrar a coleção Ñandeva.

www.nandeva.org/pt-br


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Ceci est la présentation d'un programme canadien auquel j'ai participé il y a une dizaine d'années, piloté par le département de design de  l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), en coopération avec plusieurs communautés autochtones. Des sessions de formation étaient organisées dans les communautés pour amener des artisans volontaires à abandonner progressivement leurs productions touristiques répétitives au profit de créations originales mettant en valeur leurs traditions culturelles, les matérieux naturels disponibles, leurs savoir-faire et la créativité propre de chacun.

 

2003-2008 - ARUC Design et cultures matérielles - Développement communautaire et cultures autochtones

La situation dramatique qui a actuellement cours dans nombreuses communautés autochtones oblige à chercher des moyens de remédier à ce désastre et à prendre actions, dans les plus brefs délais. Il suffit de mentionner les taux de chômage et de suicide anormalement élevés dans ces sociétés, phénomène morbide atteignant particulièrement les jeunes dans des proportions alarmantes. De même, les événements récents entourant les revendications territoriales et les négociations d'ententes au niveau politique se heurtent à la méconnaissance et, par là, l'incompréhension des réalités qui sont en cause. L'ensemble des acquisitions, des partages de connaissances et les actions concrètes que nous proposons visent à favoriser, par le biais de la culture, une meilleure appréciation mutuelle.
Ce projet ARUC concerne les peuples autochtones, le développement durable, la culture et l'identité, et les relations interculturelles. Il poursuit des objectifs généraux qui seront autant de retombées positives pour les partenaires communautaires, pour le développement des connaissances scientifiques et la société en général. À savoir :
• la valorisation des cultures autochtones auprès des Euro-Québécois et ce en favorisant une meilleure compréhension de ces cultures;
• la valorisation des jeunes autochtones aux prises avec des problèmes d'identité par le biais de la transmission de la connaissance en regard de leur culture matérielle traditionnelle; et, par le biais de la création, l'utilisation de la création en design comme vecteur de connaissances des cultures autochtones;
• la génération de connaissances pour l'enseignement et la pratique du design contemporain, puisées dans la philosophie des pratiques de design des sociétés autochtones traditionnelles, desquelles nous avons beaucoup à apprendre; 
• l'élargissement des connaissances en regard des pratiques de design des peuples nomades, par le biais du développement d'un modèle théorique, construit à même les particularités de leur culture matérielle;
• et enfin, la poursuite de la recherche appliquée dans le but de produire des moyens concrets de promouvoir les rencontres, car elles seules permettent d'abolir les préjugés.
Nous allons aborder ces questions dans une perspective sociale globale, tout en concentrant nos actions sur les communautés locales et, par le biais d'actions culturelles, contribuer au développement communautaire dans le contexte propre aux Premières Nations du Canada.
elisabeth_kaine@uqac.ca

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Published by hugues-interactions - dans Patrimoine et communautés
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