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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 12:16

 

Dans les années 90, je m'étais passionné pour un projet de développement local à Bouguenais, près de Nantes : il s'agissait de sauver 1500 hectares de bonne terre agricole et viticole de la pression immobilière de la métropole nantaise. Une mobilisation exceptionnelle de la population, des élus et des fonctionnaires territoriaux avait permis la conception et la mise en œuvre d'un programme de valorisation de ces espaces qui risquaient d'être bétonnés. J'y avais découvert l'importance de l'agriculture en milieu péri-urbain et nous avions organisé, avec succès un colloque intitulé « Villes fertiles », au cours duquel de nombreux cas analogues avaient été présentés – Grenoble, Aubagne, Le Mans, Rennes, etc.

Il se trouve que je me suis trouvé confronté, plus récemment, à des situations analogues dans divers pays, qui présentent toutes les mêmes caractéristiques : des banlieues, souvent très proches de la ville centre et donc menacées par l'expansion urbaine plus ou moins spéculative et peu ou mal contrôlée ; une agriculture résiduelle dont les acteurs ne sont pas considérés comme « utiles » par les politiques et les urbanistes ; une disparition progressive des derniers espaces verts cultivés, ne laissant que des jardins publics très artificiels.

A Santa Cruz (Rio de Janeiro), c'est une colonie d'agriculteurs d'origine japonaise qui tente de survivre. A Succivo, dans la banlieue de Naples, ce sont des centaines d'hectares, dont beaucoup sont propriété de l'Eglise, qui sont totalement ou partiellement en jachère, alors que tant de gens dans la métropole campanienne ont des problèmes de précarité et d'alimentation. A Ameixoeira, quartier périphérique de Lisbonne, de vastes espaces en friches sont convoités par les investisseurs immobiliers alors qu'ils pourraient accueillir des maraîchers, ou des jardins familiaux. A Brescia (Lombardie), c'est une vigne, sise depuis des siècles sur les pentes de la citadelle, qui essaye de se relancer par le sauvetage d'un cépage historique et par une production dont la qualité et la renommée soient affirmées.

Il me semble qu'il y a là un thème de réflexion et d'action qui pourrait mobiliser les urbanistes, les agents de développement, les spécialistes du patrimoine culturel, les techniciens agricoles. En particulier, la formule des jardins familiaux (http://www.jardins-familiaux.asso.fr/) doit être systématiquement étudiée, en ces temps de précarité accrue pour beaucoup de familles qui, précisément, vivent en banlieue.

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Published by hugues-interactions - dans Développement des territoires
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