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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:37

Depuis quelque temps (un ou deux ans) je suis frappé par le nombre croissant de demandes de renseignements que je reçois sur le thème de l'inventaire participatif et des méthodes pour le mettre en oeuvre. D'Afrique, d'Amérique, d'Europe ou d'Asie, c'est une question qui intrigue, ou qui motive des gens de terrain, impliqués dans l'action locale, intéressés par la valorisation du patrimoine au sens le plus large. Ils pensent (justement à mon sens) qu'il faut d'abord en faire un inventaire aussi complet que possible, en impliquant le plus grand nombre possible d'habitants, à la fois individuellement et collectivement. Ensuite, il sera possible de faire un diagnostic de la situation du patrimoine et de l'utilisation que l'on peut en faire pour le développement du territoire.

 

Il existe de nombreuses techniques d'inventaire participatif, dont aucune ne doit être considérée comme un modèle. L'essentiel est d'amener la communauté à s'engager dans cette voie, à en comprendre les enjeux, à élaborer sa propre méthode et à mobiliser toutes les connaissances et compétences, de manière à constituer la base de données ou le centre de ressources qui formeront ensuite la plateforme de départ pour une politique de gestion du patrimoine. Cette politique pourra ensuite être intégrée dans une stratégie de développement, qui devra être aussi participatif, pour être soutenable.

 

Ces techniques sont par exemple:

- la cartographie du patrimoine: Mappa di comunità en Italie, Parish Map en Angleterre,

- l'enquête de proximité réalisée au porte à porte par des scolaires encadrés, ou par des adultes motivés,

- la promenade de découverte sur le territoire, accompagnée par un ou des témoins extérieurs,

- la collecte (d'informations, de documents ou d'objets) à partir de la préparation d'expositions thématiques.

 

Dans tous les cas, il faut prévoir une restitution à la communauté. Il faut aussi rechercher les moyens de poursuivre l'inventaire et de pratiquer sa mise à jour. L'Ecomuseo del Paesaggio de Parabiago (Italie, proche de Milan) propose un inventaire interctif permanent, sur le modèle "wiki".

 

Il faut enfin réfléchir à l'exploitation de cette masse de données, et sans doute à un tri et à des recherches scientifiques a posteriori. L'Ecomusée du Fier Monde, à Montréal (Québec, Canada) est en train de mettre au point un concept de "collection écomuséologique", version territorialisée et virtuelle de la collection muséale classique. Le musée possède sa collection, l'écomusée, dans l'hypothèse de Montréal, gère à distance un patrimoine qui se trouve à l'extérieur de ses murs, confié à la garde de la communauté.

 

J'espère que la réflexion et l'échange d'expériences se poursuivront sur ce thème passionnant.

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Published by hugues-interactions - dans Patrimoine et communautés
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commentaires

jonathan mariette 22/11/2012 20:50

Bonjour,

Si seulement de telles bases de données pouvaient exister cela faciliterait grandement certaines recherches. J'ai été amené à étudier la peinture lombarde comprise entre 1570 et 1630. Hélas,
beaucoup de ces oeuvres reposent aujourd'hui dans des territoires reculés de la campagne lombarde. Pouvoir travailler à partir d'un visuel de qualité sans être confronté au problème du droit à
l'image dans le cadre d'une recherche universitaire faciliterait grandement la vie et la qualité de la recherche de nombreux étudiants. Je souhaiterais d'ailleurs pouvoir moi-même partager la
collecte d'image que j'ai pu faire au cours des dernières années au sein d'une base de données semblable à wikipedia mais plus orientée vers l'histoire de l'art. Des images en haute définition avec
un code qui permettrait à chaque étudiant de pouvoir télécharger les images dont il a besoin.