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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 09:58

Je lis en ce moment le livre très riche de Alberto Melo: "Passagens Revoltas - 1970-2012", éditions de l'Associação In Loco (diffusion Sitio do Livro, Ltda, Largo Machado de Assis, porta C, 1700-116 Lisboa, Portugal. Alberto y a rassemblé des articles et des éditoriaux écrits par lui pendant 40 ans.  Ils concernent principalement l'éducation (et en particulier l'éducation des adultes) et le développement local.

 

J'y ai trouvé pages 169 à 186, un texte de 1998 intitulé "O desenvolvmento local como processo educativo" (Le développement local comme processus éducatif). C'est à mes yeux un document essentiel pour la compréhension des processus qui fondent le développement local sur la participation consciente des habitants, individuellement et collectivement. Je ne veux pas le paraphraser ici, car il faut le lire en entier.  Son grand intérêt est qu'il se base à la fois sur la compétence du chercheur (à l'époque, Alberto enseignait à l'Ecole supérieure d'Education de l'Institut Polytechnique de Faro, en Algarve), sur le cheminement du philosophe qui a réfléchi en profondeur sur ces questions, et sur l'expérience du praticien de terrain. Car Alerto Melo est d'un des fondateurs, concepteurs et animateurs, avec Priscila Soares, du projet de développement soutenable et endogène de la Serra d'Algarve, porté par l'association In Loco, depuis les années 80 du siècle dernier.

 

J'ai personnellement beaucoup appris de Alberto et de l'observation (trop rare et insuffisante) de ce qui se passait sur le terrain de la Serra d'Algarve. Et j'ai toujours vérifié dans de nombreuses actions de terrain la vérité et l'exactitude de ce principe: tout développement local est un processus éducatif par lequel une population devient acteur conscient (conscientisation) et compétent (capacitation) de son propre avenir et de l'utilisation efficace et prudente de ses ressources propes, mais aussi des apports extérieurs qui enrichissent le territoire.

 

Je rapproche cette pratique de celle qui m'a occupé ces dernières années, dans l'application comme dans la théorie, l'inventaire participatif et la gestion partagée du patrimoine d'un territoire. Si l'on considère le patrimoine, naturel et culturel, matériel et immatériel, comme le capital social, culturel et économique du territoire, qui appartient à la population de ce territorie et doit être utilisé par elle de façon soutenable, alors il est indispensable de lancer un processus éducatif collectif, qui s'appuie sur la (re)connaissance et l'étude de ce capital. L'inventaire, comme démarche permanente, confiée aux citoyens eux-mêmes, aidés (mais non exploités) par des spécialistes et des techniciens, est cet exercice fondateur de la conscience de leur identité, de leur valeur, de leur capacité d'initiative, de confiance et de coopération.

 

La 4° rencontre internationale des écomusées et musées communautaires, à Belém (Para, Brésil) en juin 2012, a donné toute sa valeur à ces idées et à ces pratiques, en discutant de nombreuses expériences de capacitation, ou empowerment,  faites dans le cadre d'écomusées dans divers pays. J'en ai rendu compte en son temps dans ce blog.  Le colloque de Gemona del Friuli en juin 2013, dont j'ai également rendu compte ici, a débattu de l'inventaire participatif et en particulier de son rôle dans la valorisation du patrimoine.  Tout cela revient finalement à reconnaître la valeur du patrimoine et de sa gestion partagée dans l'éducation du citoyen et dans sa participation consciente au développement de son territoire.

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Published by hugues-interactions - dans Développement des territoires
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