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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 15:28

J'ai eu la chance d'être invité, entre le 8 et le 12 septembre, à une rencontre d'écomusées à Argenta (province de Ferrare, région d'Emilie-Romagne, Italie). Il s'agissait d'accompagner une innovation: la participation massive d'écomusées italiens et des productions de leurs territoires à une foire commerciale importante, celle de la ville d'Argenta. L'écomusée local, organisateur de la manifestations, est un exemple remarquable de mise en relation d'un patrimoine avec la communauté et le territoire (link).

Je tire de cette courte visite plusieurs observations:

 

- Le delta du Po est un phénomène passionnant d'assainissement volontaire d'une vaste région marécageuse pendant la première moitié du 20° siècle, qui a permis l'éradiquer la malaria et de transformer un paysage humide inondable en un territoire de culture intensive (céréales, soja, fruits); le pompage de l'eau, qui doit se faire de façon permanente et étroitement contrôlée, est assuré par un consortium d'économie mixte (link) qui associe l'Etat, les collectivités locales et les agriculteurs.

 

- La ressource naturelle de ce type de territoire est la roselière, qui doit être coupée régulièrement pour dégager le sol et pour permettre l'épuration des eaux. Les roseaux coupés offrent une matière première pour de nombreux usages: fabrication de paniers, cordes, paillasses, nattes pour l'isolation des murs, décoration architecturale extérieure et intérieure, toitures en chaume,  etc. Mais le problème se pose de leur récupération. Dans le delta du Po, les roseaux sont broyés, donc perdus. A Villanova (commune de Bagnacavallo), un village proche d'Argenta, il existait une production considérable, artisanale, d'objets à base de roseaux (erbe palustre); c'était une activité surtout de femmes, mais elle est actuellement abandonnée. Il ne reste qu'un musée très riche en collections d'objets provenant de cette activité. Est-il envisageable de recréer certaines activités qui seraient économiquement rentables (nécessité d'une forte valeur ajoutée pour compenser les coûts de récolte et de main d'oeuvre) et qui fourniraient des emplois.

 

- Plus loin, entre Ravenne et Rimini, sur la côte Adriatique, la petite ville balnéaire de Cervia recèle deux trésors: une saline encore partiellement exploitée à la main par une association de volontaires passionnés et un centre-ville historique entièrement construit pour la saline, au 17° siècle. C'est un quadrilatère anciennement fortifié avec quatre portes sur les axes, au milieu duquel se trouvent une grande place, un palais communal et une cathédrale. Autour, des "hôtels particuliers" étaient réservés aux cadres de la mine et aux autorités locales; à la périphérie, contre le mur d'enceinte se trouvaient les logements, généralement abandonnés ou dégradés aujourd'hui, des ouvriers du sel. C'est un ensemble beaucoup plus ancien, plus spectaculaire et plus vivant que Arc-et-Senans et cela mériterait bien plus d'être inscrit au patrimoine de l'Unesco. Malheureusement, une grande partie de cette "cité" est dans un triste état et on ne voit pas, localement, comment la restaurer. Un écomusée installé à l'extérieur de la cité, dans un énorme bâtiment historique superbe, ancient dépôt de sel, présente l'histoire et les techniques de l'exploitation du sel (link).

 

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Published by hugues-interactions - dans Patrimoine et communautés
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