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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 14:31

On parle beaucoup de l'inventaire participatif du patrimoine. Les écomusées italiens pratiquent la méthode de la "mappa di comunità"; les québécois du Musée du Fier Monde ont adopté le principe de la "collection écomuséologique"; l'écomusée Paysalp en France et l'Ecomuseu da Amazônia au Brésil mobilisent les enfants sur l'identification du patrimoine qui les entoure; tous les écomusées, d'une manière ou d'une autre inventorient leur patrimoine. Mais comment exposer ces patrimoines ?

Beaucoup d'écomusées, ou d'associations de mise en valeur du patrimoine utilisent le système traditionnel des expositions, langage propre au musée traditionnel, mais cela suppose de faire visiter l'exposition, dans un local spécialement aménagé, et aussi une scénographie, qui est elle-même le résultat d'une interprétation par des spécialistes du patrimoine de la communauté.

Certains ont cherché des solutions différentes. A Lomba do Pinheiro (Porto Alegre, Brésil), on a fait des expositions de panneaux travaillés avec les habitants et présentés dans la rue, là où les gens passent. L'Ecomuseu comunitario de Santa Cruz (Rio de Janeiro, Brésil) considère que des activités de promenade, des veillées de mémoire, des manifestations de revendication environnementale sont des expositions. Un peu partout, on complète les expositions classiques par l'organisation d'un réseau de sentiers qui quadrillent le territoire (mulattiere à l'Ecomuseo Val Taleggio en Italie, par exemple).

Je viens de recevoir de Raul Dal Santo un dossier qui me paraît aller plus loin dans la réflexion et surtout dans la pratique de ce qu'on pourrait appeler "exposition écomuséologique": le nouveau programme "cibo del corpo degli occhi e dell’anima", qui combine le maillage en parcours thématiques du patrimoine, surtout urbain, et des méthodes les plus actuelles de médiation utilisant les outils de communication que nous possédons tous et avons l'habitude d'utiliser pour la consommation comme pour les relations sociales. Ce projet s'appuie sur plusieurs années d'expérimentation et sur la volonté de faire connaître et approprier son patrimoine par la population elle-même, sans oublier évidemment les visiteurs occasionnels.

http://ecomuseo.comune.parabiago.mi.it/p3/cibo/progetto.pdf

Même si la présentation de ce programme est en italien, je pense qu'il est possible d'en comprendre l'essentiel, ce qui peut donner envie d'aller voir sur place. Je sais que beaucoup d'écomusées, notamment en Italie, ont des pratiques remarquables allant dans le même sens, mais je voulais faire connaître immédiatement ce cas particulier, qui se passe dans un site que je connais et dont j'admire la créativité et le dynamisme.

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Published by hugues-interactions - dans Evénement
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