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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 18:15

Je reviens d'une trop brève participation à la Summer School de l'Université de Brescia en Italie, sur le thème de l'accessibilité au patrimoine, musées et monuments.  L'organisateur, Prof. Alberto Arenghi, est directeur du laboratoire de recherche et d'enseignement sur l'accessibilité de cette université (Laboratorio Interdipartimentale *Brixia accessibility lab").  On est là dans l'application aux musés, aux monuments et aux sites du principe de l'Universal Design, qui devrait inspirer toute la gestion (management) du patrimoine et de l'offre culturelle qui lui est associée.

Pour plus d'informations: http://bral.unibs.it/summer-school.

Castello di Brescia

Ce fut pour moi l'occasion de réfléchir à cette approche  particulière de la gestion du patrimoine. Je devais intervenir sur le cas particulier du Castello de Brescia, la forteresse qui domine la ville en son centre, depuis l'époque romaine. Cela m'a permis de traiter de trois modes d'accessibilité de ce patrimoine pour les habitants de Brescia, considérés comme les propriétaires moraux et culturels et comme les usagers: privilégiés de ce site exceptionnel, qui est l'objet d'une nouvelle programmation globale par la Fondazione Brescia Musei. J'ai ainsi distingué:

- l'accessibilité culturelle, de façon à n'exclure personne de la conscience de l'importance du patrimoine que constitue le Castello et de l'intérêt des activités diverses qui auront lieu sur le site, quelque soit l'âge, le niveau d'éducation ou la culture d'origine;

- l'accessibilité sociale: par l'aménagement des calendriers et des horaires, les coûts d'accès au site et aux activités, la mise en sécurité des lieux et des parcours, les services offerts sur place, l'attractivité et la diversité des activités, une bonne efficacité de l'information;

- l'accessibilité physique: grâce à des transports publics aux horaires adaptés, à des accès piétons balisés et éclairés, à des aménagements spécifiques pour les personnes à mobilité réduite (handicapés, personnes âgées, familles avec enfants petits).

Alberto Arenghi m'a donné un livre collectif, publié par lui et deux collègues en 2016, qui constitue un panorama de la question de l'accessibilité sous toutes ses formes, et aussi, par la richesse bibliographique des diffétents chapitres,une revue critique de la littérature, surtout de langue anglaise et italienne, sur le sujet:

Accessibility as a key enabling knowledge for enhancement of cultural heritage, edited by Alberto Arenghi, Ilaria Garofalo, Oddbjorn Sormoen, Milano, Franco Angeli, 2016, 184p.

Je profite de cette occasion pour rappeler le IV Congresso Internacional Educação e Acessibilidade em Museus e Património - Formação para a Inclusão: A Acessibilidade Universal é exequível ? qui se tiendra à Lisbonne et Batalha du 2 au 4 octobre prochain. On peut en consulter le programme sur  https://eamp2017.wordpress.com.

 

 

 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 15:47

Depuis près de cinquante ans, j'ai assisté et souvent participé à la naissance de la Nouvelle muséologie, et en particulier à l'invention, sur de très nombreux territoires, d'écomusées ou de musées communautaires. J'ai accumulé tellement d'images, d'impressions, d'expériences, de documents que ma bibliothèque, mes archives personnelles, et surtout ma mémoire sont pleines d'une masse d'informations qu'il était temps de traiter, de mettre en ordre et, pourquoi pas, de rendre disponibles pour tous ceux que cela pourrait intéresser.

Pendant près de cinq ans, j'ai donc procédé à un travail long et minutieux, non pas scientifique mais essentiellement subjectif, pour donner une forme cohérente à tout cela. Initialement, il s'agissait d'un livre électronique, destiné à être rangé dans mon site web, pour être accessible à volonté pour toute personne qui aurait le courage d'ailler le chercher et de le lire sur l'écran de son ordinateur ou de sa tablette.

Mais des amis qui ont créé et dirigent une collection d'ouvrages de muséologie aux Editions L'Harmattan à Paris - François Mairesse et Michel Van Praët - m'ont proposé de le publier "à l'ancienne", sur papier et professionnellement. Evidemment, ce livre n'est qu'en français et pour cette raison ne sera pas accessible à tous. J'espère quand même que ce témoignage sera une contribution utile à la recherche appliquée au développement, à l'action communautaire et à la gestion patrimoniale sur de nombreux territoires.

Si j'ai gardé dans le titre et le plus souvent dans le texte, le terme d'écomusée, alors que celui de "musée communautaire" aurait été plus exact, c'est parce que c'est maintenant dans de nombreux pays un mot couramment utilisé, même s'il prend des formes différentes selon les contextes.

Le livre peut se lire de trois façons: selon l'histoire du concept et de l'évolution de l'écomusée depuis sa préhistoire dans les années 60 du siècle dernier, ou bien géographiquement selon les formes qu'il prend à travers le monde, et surtout dans les deux pays que je connais le mieux, l'Italie et le Brésil, ou encore comme une synthèse subjective qui tente de tirer les leçons méthodologiques de mon expérience de terrain. Chaque fois que je le croyais utile, j'ai aussi rendu hommage à quelques unes des figures les plus remarquables, disparues ou vivantes, qui ont marqué ces cinquante années de la nouvelle muséologie et qui donné au mot écomusée sa signification et sa pratique.

J'espère que ce livre, qui en quelque sorte forme un contrepoint à celui, beaucoup plus sérieux et scientifique, de Peter Davis, "Ecomuseum, a Sense of Place" (A&C Black, 2011 - 298p.), alimentera les débats et suscitera de nouvelles inventions pour la gestion du patrimoine commun de nos territoires.

Hugues de Varine - L'écomusée, singulier et pluriel, Paris, L'Harmattan, 2017, 296 p.

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 17:23

Je viens de recevoir trois ouvrages, venus de trois pays et publiés en trois langues, qui me semblent présenter un intérêt général pour tous mes collègues et amis qui travaillent sur le patrimoine. Je remercie d'abord ceux qui me les ont envoyés: même si je ne suis plus très actif sur le terrain, je peux encore faire passer l'information. Et celle-ci le mérite.

1. Merci donc à Elisabeth Kaine et à son équipe, de le Boîte Rouge Vif à l'Université du Québec à Chicoutimi (Canada), qui m'a envoyé:

Le petit guide de la grande concertation

Création et transmission culturelle par et avec les communautés

Collection Etudes amérindiennes, Presses de l'Université Laval, Québec, 2016, 263 p.

Ce livre est le résultat, concret et bien illustré, de 20 ans de recherches et d'expérimentations dans des communautés autochtones du Québec. Il comprend cinq parties: le montage du projet; la collecte des contenus selon plusieurs méthodes; le traitement de ces contenus; les modes d'expression et de transmission du patrimoine culturel; la production de dispositifs de transmission culturelle. De nombreux exercices et outils de travail sont proposés. J'ai été heureux de retrouver des noms et des visages de gens avec qui j'avais partagé de bons et grands moments au début des années 2000. Contact: elisabeth_kaine@uqac.ca

English edition can be downloaded or purchased on:

https://www.pulaval.com/produit/the-little-guidebook-on-the-extensive-consultation-cultural-creation-and-transmission-by-and-with-communities

2. Merci à Iñaki Arrieta Urtizberea, de l'Universidad del Pais Vasco, San Sebastian (Espagne). Il m'a envoyé le dernier ouvrage de sa remarquable série des colloques internationaux scientifiques et pratiques sur le patrimoine qu'il organise chaque année, dont le titre est cette fois:

Lugares de Memoria Traumatica

Editorial de la Universidad del Pais Vasco, Bilbao, 2016267 p.

Il s'agit de témoignages et de recherches sur des musées et des expositions réalisés dans plusieurs pays d'Europe et d'Amérique du nord et du sud, qui traitent de la mémoire de divers drames du XXe siècle: guerres civiles, dictatures, guerres mondiales... Ce qui me paraît intéressant dans cet ouvrage, est la démonstration de l'utilité du musée et de la muséographie comme média d'information, de sensibilisation et d'éducation sur les drames du passé et la nécessité de transmettre la mémoire des lieux, des gens et des évènements. Cela m'a rappelé le remarquable Memorial da Resistência, à São Paulo et les nombreux musées de la résistance dans mon propre pays. Ces musées et expositions ont une fonction sociale évidente qui dépasse les discours culturels, pour aborder des problèmes cruciaux pour l'avenir de nos sociétés. Contact: i.arrieta@ehu.es

3. J'ai reçu enfin, de l'Instituto Brasileiro de Museus (IBRAM) un petit guide pratique, résultat d'une évaluation du programme de "Pontos de Memoria" lancé par cet Institut fédéral en 2009:

Memory Spots

Methodology and Practices in Social Museology

OEI & IBRAM - Brasilia, 2016, 98 p.

Ce petit livre, dont j'ai reçu la version en langue anglaise, ce qui la rend compréhensible dans le monde entier (bravo et merci), reflète l'expérience de 12 de ces Points de Mémoire, qui ont été créés dans des musées communautaires, dans des quartiers populaires de grandes villes, dans des communautés indigènes, pour permettre non seulement de recueillir la mémoire, mais aussi et surtout de le préserver, de l'interpréter et de la transmettre dans un processus participatif, partant de la base même et s'exprimant dans le langage de la culture vivante des gens. J'ai été témoin du succès de ce programme qui n'est sans doute pas destiné à se pérenniser, sauf si des Etats et des villes le reprennent à leur compte. Il s'agissait d'un appel à projets, qui a été extrêmement riche en initiatives locales.. J'ai rencontre plusieurs des sites dont il est question dans le livre et je peux témoigner de l'intérêt des enseignements que l'on peut en tirer. Contact: pontosdememoria@museus.gov.br

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 11:10

La littérature muséale brésilienne est en plein développement: périodiques qui naissent et s'affirment même dans des universités éloignées des grandes métropoles culturelles, thèses de doctorat publiées, ouvrages de théorie et compte-rendus de pratiques de terrain, éditeurs qui prennent le risque de publier des travaux en direction d'un public dispersé et encore peu connu, tout cela suit et accompagne la multiplication des cours universitaires de muséologie de tous niveaux et des colloques professionnels et scientifiques.

Aujourd’hui, je tiens à signaler une publication originale, car il s'agit de traductions en portugais de textes en langue française. Comme André Desvallées a publié il y a plus de trente ans le célèbre "Vagues" où se trouvent des traductions de textes importants de la nouvelle muséologie écrits dans plusieurs langues, comme Maurizio Maggi, dans les années 1990-2000 a essayé de faire traduire en italien des textes anglais ou français, et de traduire en anglais des textes italiens, Manuelina Duarte et Carolina Ruoso ont voulu contribuer ainsi à l'échange d'expériences et de concepts.

Il s'agit de : Museus e Patrimônio, experiências e devires, que Manuelina et Carolina ont coordonné. Editora Massangana, Fundação Joaquim Nabuco, Recife, 2016, 158p.

Il faut saluer cette initiative, pour l'effort consenti par les traducteurs/trices et les coordinatrices, qui ont vaincu, avec leurs propres moyens, la Tour de Babel muséologique.  Pour avoir moi-même bénéficié de traduction de certains de mes textes en portugais ou en italien, je puis témoigner de l'efficacité de la traduction pour la circulation des idées et du retour pour l'auteur traduit en termes d'échanges et de partages avec ses lecteurs dans d'autres zones linguistiques.

Certes, il y a encore beaucoup à faire pour la diffusion de ces ouvrages dont le marché étroit n'intéresse guère les grands éditeurs. C'est vrai dans tous les pays d'ailleurs. Et l'édition numérique, moins chère et plus accessible, n'est pas encore réellement entrée dans les mœurs muséologiques.

Donc merci à Manuelina et à Carolina de leur initiative réussie. Et qu'elle donne des idées à d'autres....

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 21:55
Pasteurs, paysages: un chef d'oeuvre

C'est un évènement exceptionnel: un ouvrage exemplaire, scientifiquement, esthétiquement, culturellement: Enfin un livre sur un patrimoine vivant, héritage d'une longue tradition, mais ancré dans la société, l'économie, la technique, l'environnement les plus actuels, où s'expriment les acteurs eux-mêmes, les pasteurs de moutons, de chèvres, de vaches, de taureaux, de chevaux, avec passion,, compétence et expérience. Ils circulent avec leurs bêtes, entre plaine et montagne. Si les photos sont belles, la vie est rude et nomade.

Chaque témoignage est présenté avec la photo du(de la)) professionnel(le) présentée, une grande photo du paysage et des animaux décrits, et un texte court et précis sur le thème abordé dans le témoignage. 236 pages. pour près de 60 pasteurs bien vivants, de tous âges, qui mènent leurs bêtes entre la Crau et le Mercantour. Tout est traité: développement local, écologie, bio-diversité, économie de l'élevage, paysages, modes de vie, de transport, relations humaines, passé, présent et avenir, etc.

A lire et à méditer.

(Jean-Claude Duclos a été directeur du Musée Dauphinois de Grenoble et l'un des pionniers de la nouvelle muséologie en France. Il se consacre actuellement à l'étude et à la promotion de la transhumance et en général du pastoralisme.)

Pasteurs, paysages - Pastoralisme en Provence-Alpes-Côte d'Azur

par Lionel Roux, Photographe, Jean-Claude Duclos et Patrick Fabre pour les textes.
Editions Actes Sud et Maison de la Transhumance - Arles, juin 2016  
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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 15:03
Mémoire d'un écomusée

Odalice Priosti, connue dans le monde entier comme l'une des pionnières de l'écomuséologie, m'a fait l'honneur de me donner, le 6 juillet dernier, lors du Forum des écomusées et musées communautaires de Milan, son dernier livre: "Santa Cruz - Raízes de um ecomuseu". Ce petit livre, publié avec le soutien de l'ABREMC (Association brésilienne des écomusées et musées communautaires) et du NOPH ((Núcleo de orientação e de pesquisa histórica)est un récit à la fois de la communauté de Santa Cruz et de l'écomusée qui a émergé depuis trente ans de sa mémoire et de ses citoyens.

Il arrive à point, surtout pour deux raisons:

- localement, il répond, de façon claire et incontestable, aux efforts de personnes incompétentes mais influentes venues de l'extérieur, pour détruire une construction authentiquement communautaire, mais dont le caractère innovant, démocratique et "libérateur" gêne des technocrates jaloux.

- plus largement, il répond à un souhait exprimé par l'un des ateliers du Forum de Milan, pour l'écriture de la mémoire des écomusées par leurs praticiens eux-mêmes, seuls capables de tirer les leçons de l'expérience. Car l'écomuséologie est d'abord une pratique et il ne faut pas avoir peur du discours "subjectif" de ses militants, car on ne crée pas un mouvement populaire de conscientisation sociale et culturelle à partir de démarches "objectives" et froides.

Merci Odalice de ce livre. Tu as montré la voie. J'espère que bien d'autres la suivront.

Odalice Priosti, Santa Cruz - Raízes de um ecomuseu, Rio de Janeiro, 2015, 96p, illustrations

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 12:38
Les musées et le patrimoine en réseaux

Je viens de recevoir de Lucia Cataldo, professeure de muséologie à l'Académie des Beaux Arts de Macerata (Région des Marches, Italie) un certain nombre de ses publications récentes concernant les musées et le patrimoine:

- Dal Museum Teatre al Digital Storytelling, FrancoAngeli, Milano, 2011, 192p.

- Percorsi di educazione museale per il Parco Sculture si Ripe San Ginesio, Pollenza, 2007, 47p.

- (avec Marta Paraventi) Il museo oggi - Linee guida per una museolgia contemporanea, Hoepli, Milano, 2007, 320p.

Je veux surtout signaler ici l'ouvrage le plus récent édité par Lucia Cataldo à partir de nombreuses contributions: Musei e patrimonio in rete - Dai sistemi museali al distretto culturale evoluto, Hoepli, Milano, 2014, 239p.

Ce livre fournit un état exhaustif des différentes formules de coopération entre institutions patrimoniales italiennes, à partir des territoires. Réseaux de musées de niveau provincial, intercommunal ou communal, systèmes de musées ou regroupant musées, bibliothèques et archives publics, districts culturels formés dans une dynamique "de bas en haut", donc participative, ou bien créés par décision politico-administrative pour favoriser une gestion optimale du patrimoine d'un territoire, on trouve là toute la diversité des expériences italiennes en matière de "management" du patrimoine, dans le cadre d'un développement culturel, social et économique des territoires selon différentes échelles.

On y retrouve souvent la notion, typiquement italienne, de museo diffuso, musée diffus, intermédiaire entre le musée de collection institutionnel et l'écomusée. Ce musée diffus me semble se confondre plus ou moins avec le paysage culturel cher à Daniele Jallà et qui va faire l'objet de la prochaine conférence internationale de l'Icom, à Milan en 2016.

Une raison supplémentaire de s'intéresser à ces réseaux ou systèmes de musées, non seulement en Italie, mais pour de nombreux pays, est la réduction actuelle des crédits publics et privés pour le patrimoine, face à l'exigence croissante des populations en matière de valorisation de leurs patrimoines et à la multiplication aberrante des créations de musées locaux. Il y a quelques années, lors d'une réunion de l'Icom-Piémont à Ponte Bernardo, je défendais l'idée d'un moratoire sur la création et l'agrandissement des musées locaux. Le moins qu'on puisse dire est que je n'ai pas été entendu, et peut-être même pas compris. L'expérience italienne dont rendent compte Lucia Cataldo et ses collègues offre des solutions et des éléments de décision, appuyés sur des cas concrets choisis dans plusieurs régions italiennes très différentes.

Je crois que le moment est venu d'inciter l'Italie à faire réaliser périodiquement, en anglais, un "literature survey" de la littérature muséologique italienne. J'espère que toutes les publications des chercheurs et praticiens italiens du patrimoine, des musées et des écomusées se retrouveront rassemblées et en vente à Milan lors de la Conférence de l'Icom, aux côtés des publications muséales des autres pays. Encore faut-il que les participants sachent de quoi il s'agit et puissent accéder à l'essentiel de leur contenu.La commission européenne, le Conseil de l'Europe et l'Unesco ne pourraient-ils pas unir leurs forces et leurs moyens pour cela ?

Merci en tout cas à Lucia pour son grand travail rédactionnel et éditorial et pour le beau cadeau qu'elle m'a fait !

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 09:53
Mon témoignage sur l'écomusée du Creusot-Montceau

Après une longue attente, consacrée à des vérifications et à des corrections, obtenues grâce au concours d'amis, membres et anciens de l'équipe de l'écomusée, j'ai pu mettre en ligne sur mon site d'édition numérique http://www.hugues-devarine.eu mon témoignage sur plus de quarante ans d'histoire de cet écomusée. J'ai essayé, non seulement de le raconter tel que je l'ai vécu, de près et de loin, de l'intérieur et de l'extérieur, mais aussi de suggérer des leçons à en retirer, à partir de ses succès et de ses erreurs.

C'est un travail personnel, subjectif, sans aucune prétention scientifique. J'espère qu'il incitera d'autres acteurs et témoins de cette histoire à faire la même démarche, pour que de la confrontation des points de vue on puisse tirer un tableau aussi exact que possible de ce qui a été une aventure exceptionnelle, dans sa durée et dans sa complexité.

Beaucoup pensent que la municipalisation de l'écomusée, depuis 2012, est le résultat de l'échec de ce que beaucoup ont considéré comme une utopie. Je ne le crois pas car beaucoup a été accompli en plus de quarante ans et le musée de statut public qui a pris la relève est certainement mieux qualifié pour gérer la collection considérable qui a été accumulée, malgré notre principe fondateur: un musée sans collections.

J'ai toujours pensé que l'une des destinées de l'écomusée ou du musée communautaire, après le passage des générations et l'inévitable création non-voulue mais inévitabled'une collection, était une institutionnalisation sous la forme d'un musée "traditionnel", conservateur d'une sélection du patrimoine du territoire.

Sur le territoire de la Communauté urbaine du Creusot-Montceau, c'est ce qui s'est passé et je crois qu'il ne faut pas le regretter. Cela d'autant plus que l'association qui autrefois portait l'écomusée s'est transformée en association "des patrimoines" de la communauté, indépendante de l'écomusée (qui a gardé son nom). Elle va maintenant s'occuper de ce qui est vivant dans les patrimoines et les mémoires de la population. Ses membres sont tous volontaires, ce n'est pas une nouvelle institution, elle collaborera avec le musée qui gardera l'exclusivité de l'acquisition et de la gestion des collections.

Il faudra continuer à observer et à évaluer ce qui va se passer au Creusot-Montceau. Ce livre était nécessaire à la fin d'une période et au début d'une autre.

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 15:01
Un panorama brésilien de la muséologie sociale

La nouvelle livraison des Cadernos du CEOM (n°41, décembre 2014) s'intitule sobrement "Museologia social" et comprend un grand nombre d'articles, évidemment en portugais, par des praticiens de terrain brésiliens (plus quelques autres) sur des expériences et des projets qui relèvent tous de ce champ de la nouvelle muséologie. Je crois que cela vaut la peine, même si on n'est pas familier avec la langue portugaise, de regarder au moins la table des matières, disponible sur internet : http://bell.unochapeco.edu.br/revistas/index.php/rcc/issue/view/168/showToc

Je rappelle que cette revue est publiée par UNOCHAPECO, Universidade Comunitária da Região de Chapecó, une région de l'Ouest de l'état brésilien de Santa Catarina. Elle attache une importance particulière à la mémoire, au patrimoine, aux questions de société et, naturellement aux actions de caractère communautaire. L'université a créé à cette fin un "Centre de Mémoire" - CEOM, dont la revue est l'instrument de diffusion.

J'attire tout particulièrement l'attention sur le dernier article: "A CARTA DAS MISSÕES Documento da Rede dos Pontos de Memória e Iniciativas Comunitárias em Memória e Museologia Social do Rio Grande do Sul (Repim- RS)", en français: La Charte des Missões - Document du Réseau des Points de Mémoire et des initiatives communautaires en mémoire et muséologie sociale dans le Rio Grande do Sul (Repim-RS). Ce texte collectif adopté l'an dernier lors d'une rencontre de ce réseau dans la région de "Missões" dans le Nord-Ouest de l'Etat représente une synthèse de très nombreuses expériences portant sur des années de travail de terrain. J'en extrais (dans ma traduction approximative) la partie qui définit le champ et les grands principes de l'action dans les communautés et qui propose une sorte d'éthique du travail communautaire sur la mémoire et le patrimoine:

______________________

On entend par communauté, un groupe ou des groupes de personnes en situation de vulnérabilité sociale, unies par des liens historiques relatifs aux aspects territoriaux, ethniques, culturels et/ou de genre, en particulier lorsqu’ils sont mus ou organisés pour la défense et la promotion du Droit à la Mémoire et à l’Histoire, et des autres thèmes relevant des Droits Humains et Culturels ;

Le Repim-RS travaille à garantir que la relation des communautés avec les institutions partenaires (universités, entreprises et organismes publics) soit réglée par un contrat formel qui obéisse aux principes suivants :

  • que les communautés soient les protagonistes des projets dans leur conception, leur exécution et leur évaluation ;

  • que les partenaires s’attachent à corriger la vulnérabilité sociale, en particulier par la création de contreparties en matière de développement soutenable et par un engagement à lutter contre les inégalités;

  • que les fonds recueillis au nom des communautés et en raison de leurs vulnérabilités soient effectivement utilisés en faveur de ces communautés, afin de renforcer leurs espaces de mémoire et d’éducation par des équipements et des ressources suffisants;

  • que des formations et des qualifications renforcent la capacité des dirigeants et des jeunes à aider les communautés à produire leurs propres projets et à assurer la gestion de leurs propres ressources;

  • que les boursiers relevant de projets universitaires soient choisis par la communauté, et notamment par le Conseil de Gestion du Point de Mémoire;

  • que le Droit à l’image et le Droit à la propriété intellectuelle soient respectés dans la production visuelle, musicale et textuelle des actions, aussi bien dans la production enfantine que dans celle des autres membres des communautés;

  • que la production académique soit orientée dans le sens des intérêts des communautés, de manière à se conclure par des avancées pour ces communautés;

  • que la production académique textuelle et audio-visuelle revienne à la communauté en formats imprimé et numérique;

  • que la production intellectuelle concernant la communauté intègre en priorité des auteurs issus de la communauté, ou que les membres de la communauté soient co-auteurs de la production académique, d’événements, congrès, séminaires et forums;

  • que les objectifs, les méthodes, le budget, les argumentaires et les autres éléments des projets soient construits à partir des intérêts de la communauté;

  • que soit respectée la Convention 169 de l’OIT, selon laquelle il n’est pas permis de réaliser une étude ou une intervention quelconque dans une communauté, sans son autorisation expresse sous forme de documents audio-visuels, écrits ou de tout autre forme de manifestation communautaire;

  • que l’action-recherche-action soit le principe méthodologique des activités entreprises sur la mémoire communautaire.

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 11:48
Du nouveau dans les écomusées italiens

En 2007, se tenait à l'Université de Catane, en Sicile, des Journées des écomusées, organisées par Giuseppe Reina,; professeur à cette université. Ces journées avaient adopté la "Charte de Catane" qui reste un document marquant de l'évolution de la doctrine écomuséale en Italie. Giuseppe Reina ne s'est pas arrêté là. Il n'a cessé de militer pour que la Sicile adopte une loi régionale des écomusées. Les premiers pas ont été fait dans cette direction en 2011 et la loi devrait être adoptée cette année.

En attendant, un livre vient d'être publié, toujours sous la direction de Giuseppe Reina:

Gli ecomusei - Una risorsa per il futuro - Ed. Marsilio, Venezia, 2014 - 191 pages.

Les auteurs sont des praticiens, des expérimentateurs et des chercheurs, de toute l'Italie. Ils apportent leurs idées et leurs pratiques.

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