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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 15:52

En principe, et surtout en pratique, un écomusée n'est pas un musée normal: la collection n 'est pas son objet principal, l'exposition n'est pas son seul langage et, même lorsqu'il a des professionnels salariés, il est aussi animé par des membres de la communauté. C'est à dire que, lorsque les musées et autres institutions culturelles sont obligés de fermer leurs portes pendant les périodes de confinement plus ou moins strict du temps de pandémie, le territoire de l'écomusée et le patrimoine vivant qui se trouve sur ce territoire ou dans les familles des habitants ne sont pas concernés par le confinement et continuent à exister et à vivre.

Il y a d'innombrables exemples d'écomusées et de musées communautaires, dans de nombreux pays, qui ont inventé des activités et des méthodes qui leur ont permis, non seulement d'utiliser les moyens de la technique (internet ou les réseaux sociaux, etc.), mais aussi de faire des choses nouvelles sur leur territoire, avec ou par leur population.

Un seul exemple que je viens de trouver sur internet: l'Ecomuseo delle Acque de Gemona (Frioul, Italie) a lancé le programme "Amica Mucca" pour l'adoption par des volontaires intéressés d'une vache choisie parmi celles d'une laiterie tournante, la dernière existante sur son territoire. Voir http://www.latteriacampolessi.it/amicamucca.pdf. Un patrimoine vivant est ainsi reconnu et protégé, avec les savoir-faire et les emplois correspondants, C'est un succès qui montre bien que l'écomusée n'est pas fermé...

Ce temps de pandémie, même s'il entraîne des conséquences dramatiques d'ordre humain, social, économique, permet à tous les écomusées, mais aussi à tous les projets patrimoniaux qui s'occupent du patrimoine vivant sur des territoires déterminés, de montrer la voie d'une prise de conscience de la ressource que ce patrimoine peut représenter pour chacun d'entre nous et pour l'ensemble de nos communautés, comme facteur d'éducation, de loisir, de développement personnel et collectif. Et cela selon des modalités et des formes qui ne sont pas virtuelles, qui ne nécessitent aucun "protocole" particulier, puisque tout se passe sur un territoire ouvert avec les paysages et le patrimoine commun, chez les gens eux-mêmes avec leur patrimoine domestique ou mental, entre des professionnels ou des bénévoles militants qui n'ont pas besoin de se rencontrer physiquement.

Les musées traditionnels pourraient en prendre de la graine et laisser reposer leurs collections et leurs expositions pour aller vers leurs territoires et vers les populations qui les entourent.

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