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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 10:39

L'Ecomuseo delle acque del Gemonese et le réseau Mondi Locali ont relancé le site web http://www.mappadicomunita.it. Cette nouvelle formule offre une bonne définition de la "mappa" et des exemples concrets, ainsi que des archives issues de l'ancien site. 

 

C'est d'autant plus intéressant que l'intérêt pour l'inventaire participatif et sa cartographie continue de croître.

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 22:09

Avant-hier, lors du forum national des musées brésiliens à Petropolis (Etat de Rio de Janeiro), organisé par l'Institut Brésilien des Musées (IBRAM), un groupe de jeunes muséologues à proposé la création d'un "Point de Mémoire", qui devrait devenir un musée communautaire, pour porter, conserver et faire connaître la mémoire des cmmunautés lesbiennes, gays, bi et trans du Brésil.

 

Les ponts de mémoire sont n programme fédéral de financement de projets dans des musées communautaires ou pouvant servir de base à de tels musées.

 

Contact pour information, en portugais: redelgbt@hotmal.com

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 10:49

L'association française Génériques s'est constituée il y a déjà de nombreuses années pour assurer la collecte et la conservation de la mémoire, du patrimoine et des archives des différentes immigrations qu'a connues la France depuis la dernière guerre mondiale.

 

L'association Interaction France-Portugal dont j'ai fait partie dans les années 80 et 90, maintenant "en sommeil", a par exemple déposé ses archives à Génériques qui les a classées et les a ensuite trransmises aux Archives nationales

.

Génériques organise un colloque sur les patrimoines de l'immigration, à Paris, des 10 et 11 décembre prochain. J'ai obenu d'y présenter un court rapport sur l'intérêt de mobiliser les musées et particulièrement les musées communautaires sur ce thème. Ils peuvent jouer un rôle dans la médiation culturelle entre les patrimoines locaux (autochtones) et les patrimoines, surtout immatériels, apportés par les migrants.

 

Pour plus d'infomations: contact@generiques.org et .http://www.generiques.org/colloque_patrimoine.php

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 18:05

2013 sera l'année de la prochaine conférence générale de l'Icom (Conseil international des musées) qui se tiendra cette fois à Rio de Janeiro. Comme toutes les conférences générales depuis près de 70 ans, des milliers de gens de musées du monde entier viendront participer à des réunions de comités internationaux thématiques, à des débats sur un thème central, à une assemblée générale qui fera un bilan de l'action de l'organisation depuis trois ans et adoptera son programme de travail pour l'avenir. Même si l'Icom a beaucoup grandi et s'est fortement modernisé et développé depuis le temps où je le dirigeais au siècle dernier (entre 1965 et 1974), cela reste le plus grand rendez-vous des professionels de musées, un lieu où les idées circulent, s'échangent et se partagent.

 

Le thème choisi pour 2013 est : Musées (mémoire + créativité = changement social) - voir http://icom.museum/activites/conference-generale/icom-rio-2013/L/2/.

 

Or le Brésil est l'un des pays du monde où la muséologie connaît la créativité la plus grande et la plus innovante, en particulier pour ce qu'il est convenu d'appeler la "nouvelle muséologie". On y trouve des écomusées et des musées communautaires, des musées de favelas, des musées de parcours, des musées de rue, des musées-points de mémoire, et aussi des projets et des réalisations dans le domaine du patrimoine, qui ne portent pas le nom de musée, mais qui en réalité s'en rapprochent. On y a pratique l'éducation patrimoniale, l'inventaire participatif du patrimoine. Il serait intéressant que les participants à la conférence générale qui souhaitent mieux connaître ce champ de la muséologie (qui s'inspire des conclusions de la Table Ronde de Santiago il y a 40 ans) puissent rencontrer des collègues brésiliens et faire connaissance de leurs expériences et de leur créativité.

 

Malheureusement, le Brésil est un pays immense, les distances sont grandes et dissuasives entre ces musées, généralement modestes, pauvres, animés par des bénévoles ou de très petites équipes, implantés dans des sites isolés ou dans des quartiers urbains difficiles d'accès.

 

Ne peut-on souhaiter que l'Icom, ou son comité brésilien, ou un autre organisme national ou international, saisisse l'occasion de la conférence générale et de cet afflux de professionnels à Rio, pour créer une rencontre de tous ces militants du patrimoine, de la muséologie communautaire et du développement local ? Le MINOM (Mouvement international pour la nouvelle muséologie), qui serait légitime pour s'en charger, n'a certainement pas les moyens humains et matériels d'une telle organisation.

 

Un telle occasions ne se présente qu'une fois. Qui la saisira ?

 

 


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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:37

Depuis quelque temps (un ou deux ans) je suis frappé par le nombre croissant de demandes de renseignements que je reçois sur le thème de l'inventaire participatif et des méthodes pour le mettre en oeuvre. D'Afrique, d'Amérique, d'Europe ou d'Asie, c'est une question qui intrigue, ou qui motive des gens de terrain, impliqués dans l'action locale, intéressés par la valorisation du patrimoine au sens le plus large. Ils pensent (justement à mon sens) qu'il faut d'abord en faire un inventaire aussi complet que possible, en impliquant le plus grand nombre possible d'habitants, à la fois individuellement et collectivement. Ensuite, il sera possible de faire un diagnostic de la situation du patrimoine et de l'utilisation que l'on peut en faire pour le développement du territoire.

 

Il existe de nombreuses techniques d'inventaire participatif, dont aucune ne doit être considérée comme un modèle. L'essentiel est d'amener la communauté à s'engager dans cette voie, à en comprendre les enjeux, à élaborer sa propre méthode et à mobiliser toutes les connaissances et compétences, de manière à constituer la base de données ou le centre de ressources qui formeront ensuite la plateforme de départ pour une politique de gestion du patrimoine. Cette politique pourra ensuite être intégrée dans une stratégie de développement, qui devra être aussi participatif, pour être soutenable.

 

Ces techniques sont par exemple:

- la cartographie du patrimoine: Mappa di comunità en Italie, Parish Map en Angleterre,

- l'enquête de proximité réalisée au porte à porte par des scolaires encadrés, ou par des adultes motivés,

- la promenade de découverte sur le territoire, accompagnée par un ou des témoins extérieurs,

- la collecte (d'informations, de documents ou d'objets) à partir de la préparation d'expositions thématiques.

 

Dans tous les cas, il faut prévoir une restitution à la communauté. Il faut aussi rechercher les moyens de poursuivre l'inventaire et de pratiquer sa mise à jour. L'Ecomuseo del Paesaggio de Parabiago (Italie, proche de Milan) propose un inventaire interctif permanent, sur le modèle "wiki".

 

Il faut enfin réfléchir à l'exploitation de cette masse de données, et sans doute à un tri et à des recherches scientifiques a posteriori. L'Ecomusée du Fier Monde, à Montréal (Québec, Canada) est en train de mettre au point un concept de "collection écomuséologique", version territorialisée et virtuelle de la collection muséale classique. Le musée possède sa collection, l'écomusée, dans l'hypothèse de Montréal, gère à distance un patrimoine qui se trouve à l'extérieur de ses murs, confié à la garde de la communauté.

 

J'espère que la réflexion et l'échange d'expériences se poursuivront sur ce thème passionnant.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 08:47

Je sors du très intéressant colloque sur le patrimoine des petites villes industrielles, à Guérigny, les 19 et 20 octobre dernier. On y a écouté des présentations de cas très variés qui reflétaient un très grand nombre de situations et de cas, à la fois de patrimoines locaux et de solutions trouvées à leur gestion. Il a souvent été fait état des relations entre les programmes de protection ou de mise en valeur et le développement local, voire les questions d'emploi.

J'ai été frappé par une remarque qui revenait fréquemment dans le discours des intervenants: la population n'est pas vraiment intéressée, ne participe pas, ne comprend pas ce que l'on veut faire. Il est vrai que ces intervenants étaient tous des personnes impliquées dans la gestion du patrimoine industriel et que leur objectif principal était, tout naturellement, ce patrimoine.

Or la population, ce que j'appelle la communauté, n'a pas les mêmes intérêts:

  • ou bien l'industrie est encore active et n'est pas encore patrimoine aux yeux des gens; dans ce cas les vestiges d'industries antérieures ne sont pas intéressants, car inutiles;
  • ou bien l'activité industrielle a disparu et le problème est plus son remplacement par de nouvelels activités au profit de l'économie et de l'emploi sur le territoire que la préservation de bâtiments et de machines devenus inutiles;
  • ou bien encore le patrimoine industriel local apparaît comme étant essentiellement l'affaire de spécialistes, ou encore comme une attrraction purement touristique, qui ne concerne pas les gens, sauf éventuellement les hôteliers, les restaurateurs et l'office de tourisme.

Il me semble qu'il faudrait compléter cette approche du patrimoine industriel par deux approches complémentaires:

 

1. avant de lancer la communauté locale et ses membres sur un programme de gestion patrimoniale (dont l'inventaire participatif est la première étape), il est indispensable de mener, pendant le temps nécessaire, une action dense et continue d'éducation patrimoniale, ne s'adressant pas seulement comme d'habitude aux scolaires, mais aussi et peut-être surtout aux adultes. Sinon, le patrimoine risque de rester pour les habitants un concept abstrait, intellectuel.

 

2. le patrimoine d'un territoire et d'une communauté n'est jamais exclusivement industriel, même lorsque l'industrie et ses traces matérielles et immatérielles sont prédominantes. Ne faudrait-il pas considérer le patrimoine de la communauté locale comme un tout et, selon les méthodes de l'inventaire participatif, demander à la communauté de dire elle-même ce qu'elle considère comme "son" patrimoine ? On aurait peut-être des surprises et en tout cas les actions futures concernant le patrimoine s'appuieraient sur une population consciente et responsable..

 

HdV - 22-10-12

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 16:30

 

Depuis quelque temps je suis amené, dans mes interventions sur le terrain ou dans des rencontres professionnelles, à insister sur le fait que le patrimoine a trois publics, et non pas deux. Bien sûr, il appartient aux habitants et il intéresse les touristes. Mais il y a un autre public, ceux que j'appelle les nouveaux habitants, ou les nouveaux résidents. Ceux-là ne possèdent pas le patrimoine local et ils ne le visitent pas par curiosité. Ce n'est pas le leur, ils ne le comprennent pas bien, et pourtant ils vont vivre avec lui et au milieu de lui pendant quelque temps, ou pour toujours. Le fait de ne pas le partager marque leur différence, comme celui de ne pas parler la langue, ou le dialecte, ou le patois local. C''est surtout le fait du patrimoine immatériel, de toutes ces choses non-dites qui se comprennent sans les exprimer, à condition de les avoir héritées.

Et dans le même temps, ces nouveaux citoyens apportent avec eux des éléments de leur propre patrimoine, non seulement des souvenirs et des images, photographiques ou mentales, mais des objets, des traditions, leur propre langue, leur religion, ses croyances et ses formes particulières. Et ils sont obligés de les garder pour eux, chez eux, souvent de les cacher. Ils auront du mal à les transmettre à leurs enfants, encore plus à leurs petits enfants qui, pour la plupart, s'assimileront et finiront par partager le patrimoine local, du moins en partie.

Je crois que toute politique locale du patrimoine devrait répondre à ces deux défis :

  • aider les nouveaux-venus à s'approprier autant que possible le patrimoine local, sans pour autant s'assimiler, ce qui suppose que la population autochtone les y aide,

  • accepter d'intégrer des éléments du patrimoine « importé », même s'il apparaît très différent, voire même peu compatible, pour en faire une composante d'un nouveau patrimoine « post-migratoire ».

Ceci est d'autant plus important que nous vivons en Europe et en France à un âge de mobilité, qui implique des chocs culturels, sociaux et religieux. Sans un effort partagé, nous ne pouvons espérer que des ghettos plus ou moins volontaires, et la naissance de phénomènes de xénophobie, voire de racisme, qui existent déjà.

Pour parvenir à trouver des solutions, des programmes, des méthodes, les musées, dans leur implication communautaire (cela concerne ce que l'on appelle les écomusées, mais bien d'autres musées bien ancrés dans leur tissu social local) peuvent jouer un rôle essentiel de médiation, de reconnaissance d'une diversité patrimoniale, comme il y a une diversité biologique ou culturelle.

Je viens d'apprendre deux projets intéressants. L'un est universitaire et de moyen terme, l'autre est beaucoup plus empirique et ponctuel :

  • le programme européen de recherche MELA – European Museums in an age of migrations (2011-2015), qui regroupe neuf institutions scientifiques autour du Politecnico de Milano (Italie, Danemark, Royaume Uni, France, Espagne). Voir http://www.mela-project.eu/

  • un colloque organisé par l'association française Génériques, qui se tiendra les 10 et 11 décembre 2012, à Paris, sur « Le patrimoine de l’immigration en France et en Europe : enjeu social et culturel ». Voir http://www.generiques.org/actu.php?id=658

Réfléchissons, sur nos propres terrains, à ces questions. Il s'agit encore de faire pousser des racines pour le futur.

 

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 12:25

Tesouro.JPG  

Le Centre de développement communautaire (CDCA) de la Santa Casa da Misericordia dans le quartier d'Ameixoeira (limite nord de la municipalité de Lisbonne) a entrepris un programme très innovant d'utilisation du patrimoine naturel et culturel local pour renforcer la cohésion sociale et la confiance en soi dans cette communauté composée en grande partie de populations d'origines très diverses relogées suite à la démolition d'anciens bidonvilles. Ce programme s'intitule « Tesouros » ou Trésors.

L'initiative la plus remarquable, à mon avis, est « une bibliothèque dont les livres sont des personnes qui ont des histoires à raconter ». Actuellement, elle se présente sous la forme d'un portefeuille de format CD, contenant 13 fiches et une table des matières. Chaque fiche comporte au recto la présentation d'un habitant et de son histoire et au verso sa photo. Les habitants sont ainsi invités à rencontrer cette personne, à lui demander de raconter son histoire. La liste peut s'allonger, tant il y a de personnes qui ont des histoires à raconter.

On est loin ici des classiques enregistrements faits par les anthropologues et les musées pour conserver la trace d'un patrimoine immatériel. Ici, on ne cherche pas à conserver mais à faire vivre et à encourager le partage des cultures vivantes qui cohabitent dans le quartier.

 

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 12:19

 

Dans le cadre de ses efforts pour redresser l'économie et pour assainir le budget du pays, le gouvernement portugais vient de décider de supprimer son aide à différentes fondations d'intérêt public qui avaient été créées avec une participation plus ou moins forte de crédits publics. C'est le cas de la Fondation du Museu do Douro, qui fait l'objet actuellement d'une pétition pour obtenir le retrait de cette décision.

Le Museu do Douro a été créé par une loi (c'est un cas unique au Portugal). Il est destiné à gérer le patrimoine exceptionnel de la vallée et des vignobles du fleuve Douro, qui fournissent non seulement un excellent vin, mais aussi le raisin qui fournira le porto, après traitement dans les chais de Vilanova de Gaia, en face de la ville de Porto. Il s'agit de défendre les paysages, les modes de culture, les populations, l'architecture des sièges d'exploitation, de promouvoir un tourisme respectueux, de maîtriser le changement technique et social, de développer des activités économiques autour de la vigne et du vin, mais aussi dans d'autres secteurs d'activité pour éviter une mono-culture. C'est un musée de territoire, un des plus grands, qui doit fédérer de très nombreux acteurs autour d'un projet commun.

Comme il fallait, pour réaliser ce projet, mobiliser à la fois les collectivités territoriales (les municipalités de la vallée) et les acteurs économiques, principalement les grandes exploitations viticoles et les producteurs de porto, il fut décidé de créer une fondation dont le but était d'accompagner et de soutenir le musée en y impliquant toutes ces parties prenantes. Un dispositif très intéressant et novateur. C'est cette fondation qui vient d'être considérée par l'Etat comme pouvant être abandonnée.

La disparition de la fondation signifierait un affaiblissement du musée et de ses moyens d'action. Et l'on voit là l'effet d'un malentendu fondamental, entretenu inconsciemment par le vocabulaire culturel courant : la défense du Museu do Douro insiste sur le « projet culturel », puisque c'est un musée, alors qu'il s'agit en réalité d'un projet de développement global soutenable, voué à la valorisation d'un patrimoine aussi bien naturel que culturel et économique, dans l'intérêt du territoire et de toutes ses parties prenantes. Malheureusement, il porte le nom de musée, ce qui automatiquement lui donne une image culturelle. Dans la situation économique du pays, il est trop facile de décider de faire des économies sur ce qui apparaît comme moins utile.

L'idéal serait maintenant que ces parties prenantes qui sont associées dans le capital de la fondation décident de prendre le relais de l'Etat et de plus et mieux s'engager, y compris financièrement, dans ce qui devrait apparaître clairement comme « leur » musée, ou plutôt comme un instrument de développement à leur service.

 

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 12:16

 

Dans les années 90, je m'étais passionné pour un projet de développement local à Bouguenais, près de Nantes : il s'agissait de sauver 1500 hectares de bonne terre agricole et viticole de la pression immobilière de la métropole nantaise. Une mobilisation exceptionnelle de la population, des élus et des fonctionnaires territoriaux avait permis la conception et la mise en œuvre d'un programme de valorisation de ces espaces qui risquaient d'être bétonnés. J'y avais découvert l'importance de l'agriculture en milieu péri-urbain et nous avions organisé, avec succès un colloque intitulé « Villes fertiles », au cours duquel de nombreux cas analogues avaient été présentés – Grenoble, Aubagne, Le Mans, Rennes, etc.

Il se trouve que je me suis trouvé confronté, plus récemment, à des situations analogues dans divers pays, qui présentent toutes les mêmes caractéristiques : des banlieues, souvent très proches de la ville centre et donc menacées par l'expansion urbaine plus ou moins spéculative et peu ou mal contrôlée ; une agriculture résiduelle dont les acteurs ne sont pas considérés comme « utiles » par les politiques et les urbanistes ; une disparition progressive des derniers espaces verts cultivés, ne laissant que des jardins publics très artificiels.

A Santa Cruz (Rio de Janeiro), c'est une colonie d'agriculteurs d'origine japonaise qui tente de survivre. A Succivo, dans la banlieue de Naples, ce sont des centaines d'hectares, dont beaucoup sont propriété de l'Eglise, qui sont totalement ou partiellement en jachère, alors que tant de gens dans la métropole campanienne ont des problèmes de précarité et d'alimentation. A Ameixoeira, quartier périphérique de Lisbonne, de vastes espaces en friches sont convoités par les investisseurs immobiliers alors qu'ils pourraient accueillir des maraîchers, ou des jardins familiaux. A Brescia (Lombardie), c'est une vigne, sise depuis des siècles sur les pentes de la citadelle, qui essaye de se relancer par le sauvetage d'un cépage historique et par une production dont la qualité et la renommée soient affirmées.

Il me semble qu'il y a là un thème de réflexion et d'action qui pourrait mobiliser les urbanistes, les agents de développement, les spécialistes du patrimoine culturel, les techniciens agricoles. En particulier, la formule des jardins familiaux (http://www.jardins-familiaux.asso.fr/) doit être systématiquement étudiée, en ces temps de précarité accrue pour beaucoup de familles qui, précisément, vivent en banlieue.

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