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12 janvier 2020 7 12 /01 /janvier /2020 16:51

La laïcité est devenue un thème récurrent de débats passionnés entre gens raisonnables et idéologues plus ou moins forcenés. Mais on parle peu, dans le monde de l'éducation et dans celui de l'art et des musées, de la manière de présenter les religions à travers les arts. Doit-on se borner à parler Histoire de l'Art et à commenter des volumes, des couleurs, des perspectives, dans un contexte historique, sans expliquer ce que cela représente ? C'est ainsi que dans les années 1960, des visiteurs du Musée de l'Ermitage à Leningrad demandaient pourquoi il y avait tant de tableaux représentant une femme avec un enfant dans les bras. Est-il possible d'interpréter, à propos de l’œuvre d'art, sa signification religieuse pour les croyants, et ses relations aux traditions culturelles locales ou universelles ?

Cela fait près de 25 ans ans que Dominique Ponnau, conservateur des musées et directeur de l'Ecole du Louvre, réunissait en 1996 un colloque d'experts sur "forme et sens", afin de discuter la manière de présenter les œuvres d'art religieux au musée, dans le respect de la laïcité républicaine et des diverses croyances. Les actes en furent publiés mais eurent peu de publicité en dehors des cercles spécialisés. D'autres rencontres ou publications eurent lieu depuis, ainsi que des expériences ponctuelles, mais il n'y avait pas d'outil facilement accessible et concret sur le sujet, appuyé sur une forte compétence professionnelle.

Cet outil existe maintenant. Je viens de le lire et je le recommande.

Isabelle Saint-Martin : Peut-on parler des religions à l'école ?, Paris, Albin Michel, 2019, 221 pages, 18€.

L'auteure est membre de l'Institut Européen des sciences des religions (Ecole Pratique des Hautes Etudes). Dans la première partie du livre, elle rappelle utilement les grandes lignes du débat et ses origines, en attachant une importance particulière au Rapport de Régis Debray de 2002 sur L’Enseignement du fait religieux dans l’école laïque. Puis, et c'est le plus nouveau, elle montre, avec de très nombreux exemples pris dans les arts sacrés des diverses religions, comment il est possible, sans toucher au principe républicain de laïcité, de développer la culture générale des enfants comme des adultes (et en particulier des enseignants) à partir des œuvres qui sont présentées dans des musées ou dans des lieux de culte, en associant le sens à la forme et la forme au sens, pour une ouverture à la diversité des croyances et à la compréhension de faits culturels banals qui ont une origine ou des racines dans la religion.

Elle ne cache pas la difficulté de l'exercice dans un monde contemporain où l'on a tendance à confondre foi et religion, mais elle ouvre aux responsables de musées publics et à ceux des lieux de culte des diverses religions, des pistes pour une plus riche utilisation des œuvres dont ils ont la charge, cela pour une meilleure application des principes et des orientations des lois et règlements de la laïcité.

Bonne lecture !

 

 

 

 

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 16:16

Sepetiba est un quartier situé à l'extrême ouest de la municipalité de Rio de Janeiro. Depuis dix ans, cette communauté de pêcheurs et d'ouvriers a inventé son propre écomusée, relié solidairement à l'écomusée mitoyen de Santa Cruz. Mobilisés par une dégradation de l'environnement découlant en grande partie des activités du port industriel et minéralier voisin d'Itaguai, les habitants ont ont exigé et obtenu la dépollution de leur Baie et de leurs plages, ils ont retrouvé leurs activités piscicoles traditionnelles, redécouvert et maîtrisé leur environnement naturel,  revivifié leurs traditions culturelles, remis en valeur leurs mémoires. individuelles et collectives.

Et tout cela vient de donner naissance à un livre, lui aussi collectif, qui raconte, analyse et évalue, thème par thème, beaucoup de ces activités. Il faut saluer cet effort, qui n'est pas un travail théorique ou académique, mais le reflet fidèle d'actions, vues avec du recul par des acteurs et des témoins proches. Si tous les écomusées ou musées communautaires s'astreignaient à cette discipline de rendre compte par écrit de leurs actions, nous disposerions enfin d'une extraordinaire somme d'expériences, toutes uniques parce que résultant de la créativité et de la capacité d'inventer des communautés elles-mêmes à partir de leurs propres dynamiques.

Certes ce livre, un e-book, est en portugais, mais je crois que ses titres et ses illustrations suffisent à donner une idée de la valeur de ce travail exemplaire.

Bianca Wild (Coord.), Asas e Raízes: Conexões entre Ancestralidade, representatividade e resistência, Ecomuseu de Sepetiba, Rio de Janeiro, 2019.

On peut le télécharger sur https://app.publicacoes.even3.com.br/book/conexoes-asas-e-raizes-ancestralidade-representatividade-e-resistencia-42035?fbclid=IwAR0SP2ES5l7sXYhStMi9j9cczuuX_U54edKYxflasxJOAQO28-wrnp0my1g

Voici le sommaire
Apresentação.................................................................................................. ……...6
Bianca Wild
Prefácio..........................................................................................................……….12
Tecendo fios nas redes estruturais do lugar...............................................……………….17
Rita Pedreira
Pesquisa etnográfica com as marisqueiras de Sepetiba...........................………………….3
Sinvaldo do Nascimento Souza
Histórias de Pescadores – Relatos em Dois Tempos Sobre uma Baía Poluída…………  ….5
Clementino Júnior
Baía de Sepetiba ou Baía dos Orixás?.........................................................…………….69
Rodrigo Carneiro
Asas e raízes em Sepetiba: Uma questão de respeito e sobrevivência.....…………………..89
Jorge Luiz Alves
O Ecomuseu de Sepetiba como agente concretizador dos deveres coletivos
de defesa e preservação do meio ambiente, dispostos no art. 225, caput, da
Constituição da República Federativa do Brasil.......................................………………...101
Joice Vargas
Racismo ambiental e os impactos na saúde de uma comunidade tradicional
do Rio de Janeiro.........................................................................................…………..119
Andressa Oliveira
Da raiz à resistência: a busca pelos caminhos de uma educação antirracista………… … .132
Maria Carolina Almeida de Azevedo
Palco (in)visível: os corpos negros no Theatro Municipal.......................…………… ……..144
Paulo Melgaço e Matheus Melgaço
O Impacto das imagens na construção do sujeito. Arte – etnicidad
e...........………………..165
Renata Maia
O Eurocentrismo, como construtor da visão do Racismo religioso.

Apontamentos na perspectiva Pan Africana....................……………………………………...195
Jorge Márcio do Nascimento5
A Roupa das ruas - Crônicas de Izabela de Jesus ....................................…………………217
Izabela de Jesus
Meu espelho é o texto.................................................................................………………226
Anderson Assi
As passagens, as coragens São sementes espalhadas nesse chão.

Uma homenagem à Odalice Priosti..........................................…………… …………………233
Bianca Wild
Pelas trilhas do tempo: Sepetiba hoje e sempre.......................................…………………...235
Jorge Luiz Alves

 

 

 

 

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 15:15

Il y a quelques semaines, Mme Renon, directrice d'école maternelle à Pantin, s'est suicidée et a expliqué son geste par la difficulté de sa fonction, les conditions de travail et le manque de reconnaissance et de moyens.  Ce drame a provoqué une mobilisation très médiatique des directeurs d'écoles et de leurs syndicats,  et une réaction compréhensive du Ministre de l’Éducation nationale. Cela paraît normal et tout à fait justifié.

Mais ce qui me paraît étrange est que, si ma mémoire est bonne, au printemps dernier, dans le cadre des réformes prévues par le Ministère de l’Éducation nationale, il avait été annoncé un rapprochement de l'enseignement primaire avec le collège, pour faciliter le passage des élèves du CM2 à la 6°. Or ce projet avait fait l'objet d'une violente campagne de la part de certains enseignants et des syndicats, qui prétendaient que cela supprimerait la fonction de directeur d'école ou que cela la subordonnerait au Principal de collège.

Or des enseignants expérimentés m'avaient alors dit que c'était une mesure de bon sens, qui était déjà appliquée expérimentalement en France et couramment dans d'autres pays, car il ne serait pas rationnel, d'après eux, de continuer à imposer cette rupture entre les deux cycles d'enseignement. Et ils regrettaient vivement que le ministre ait abandonné cette partie de son projet.

Je ne suis pas compétent en matière de politique de l’Éducation nationale, mais j'aime comprendre ce qui me semble incohérent dans les informations que je reçois. J'aimerais donc qu'on m'explique pourquoi les syndicats concernés et les directeurs d'écoles ont refusé en mai un changement qui aurait pu transformer une fonction tellement dure et maltraitée qu'elle apparaît en octobre inhumaine et pouvant mener au suicide.

Je voudrais savoir aussi pourquoi les médias que je lis ou écoute n'ont pas rappelé, à l'occasion du drame de Pantin, ce qu'ils avaient fortement relayé au printemps. Mais les vacances sont passées par là...

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21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 17:57

Tout le monde maintenant parle de participation et il est vrai que l'évolution des théories et des pratiques de nos démocraties, surtout à l'échelle des territoires, rend l'engagement et l'implication des citoyens dans la solution des problèmes qui les concernent directement, non seulement souhaitable, mais aussi et surtout indispensable si l'on recherche à la fois non pas l'efficacité immédiate mais l'utilité sociale et la soutenabilité à long terme des projets et des actions qui contribuent à la qualité de l'environnement et de la vie de chacun d'entre nous et de nos communautés de proximité.

Des expériences anciennes et d'autres très récentes m'ont amené à réfléchir à la manière dont cette participation, lorsqu'elle est au moins partiellement obtenue, est reconnue et récompensée à sa juste valeur. Certes, on ne manquera pas dans des discours ou des rapports de décrire le degré de participation obtenue, d'en féliciter les acteurs et d'en signaler les effets sur les résultats constatés. Mais ce sont généralement les porteurs de projets, les autorités responsables, les financeurs publics ou privés qui attireront à eux l'essentiel de la lumière, à travers par exemple une inauguration, l'apposition d'une plaque, un communiqué de presse, une exposition et naturellement des publications, scientifiques ou de vulgarisation.

Il est plus rare que des individus, membres de la population, qui ont été associés au projet, qui ont apporté des connaissances ou des savoirs-faire, qui ont contribué manuellement ou intellectuellement, parfois même qui ont été à l'origine de l'action ou déterminants dans son succès, reçoivent en retour le bénéfice social et l'effet d'image qu'ils seraient en droit d'attendre, comme une sorte de droit-d'auteur non financier.

Il y a longtemps que j'ai constaté cette absence de reconnaissance publique, notamment de la part de certains anthropologues, collecteurs d'objets, de musiques, de traditions, preneurs d'images ou de films, qui n'auraient pu rien faire sans des informateurs, des érudits locaux, des musiciens ou des chanteurs, etc. Ils vont publier des articles, des livres, des disques, soutenir des thèses, qui leur assureront la notoriété et faciliteront leurs carrières, mais celles et ceux qui les auront aidés, à part quelques sous si ce sont des "indigènes", ou leurs noms dans des listes en annexe, n'auront que le statut d'informateurs.

Plus récemment, j'ai assisté à la présentation d'une exposition qui relatait une découverte archéologique importante, faite par hasard par deux habitants qui avaient ensuite participé à son étude et à sa mise en valeur, en particulier par des photographies qui avaient rendu possible l'exposition elle-même. Il semblait que, la découverte une fois faite, ses inventeurs n'étaient plus utiles et laissaient toute la place aux spécialistes qui étudiaient et aux politiques qui inauguraient.

Cela m'a rappelé une expérience vécue à l'écomusée du Creusot-Montceau, à la fin des années 1970. Devenu célèbre en France et à l'étranger comme opération innovante et nettement participative, il a attiré de nombreuses équipes de chercheurs universitaires qui trouvaient sur ce territoire une grande richesse pour leurs programmes de recherche ou leurs thèses et qui obtenaient en outre le soutien matériel de l'écomusée et de son personnel, mais surtout un accès au réseau considérable des habitants qui avaient accepté d'apporter leurs mémoires vivantes, leurs savoirs, leurs biens culturels personnels aux activités de leur écomusée. On avait voulu établir un règlement spécial pour les chercheurs, pour encadrer leurs pratiques et les publications qui en résulteraient, dont l'une des clauses principales précisait que les habitants qui auraient participé aux recherches devraient être non seulement consultés sur les textes produits avant publication, mais surtout considérés et reconnus comme co-auteurs (et non pas comme de simples informateurs anonymes). Cette clause n'a jamais été ni comprise, ni respectée par les chercheurs, malgré une première réunion expérimentale très décevante, en 1977, dédiée à l'examen et à la discussion par des groupes d'habitants volontaires des premiers résultats des recherches en cours.

Je crois que l'on peut parler de discrimination : la valeur des savoirs des gens "ordinaires", de leurs compétences professionnelles, de leur mémoire, n'est pas reconnue à égalité avec celle des savoirs académiques. Et surtout, ces gens ordinaires ne sont pas supposés intervenir dans la rédaction finale des articles ou des thèses dont ils ont donné au moins une partie de la matière et parfois même l'essentiel du sens.

Cette question d'un droit d'auteur partagé, ou d'un statut de co-auteur, ne relève sans doute pas (ou pas encore) d'une réglementation quelconque, mais je pense qu'elle devrait faire partie de la déontologie du travail scientifique et des pratiques éditoriales, cela d'autant plus que les co-auteurs non-académiques seraient ainsi obligés à une plus grande rigueur dans leurs contributions, tandis que les co-auteurs académiques devraient se plier à un contrôle d'exactitude sur leurs propres interprétations et conclusions.

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9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 14:46

A ce que j'ai pu en apprendre de diverses sources, le débat qui s'est instauré sur une nouvelle définition du musée, pendant les quelques semaines qui ont précédé l'Assemblée générale de l'ICOM À Kyoto le 7 septembre 2019, a été vif et intense. Le texte soumis à discussion était certainement critiquable dans le fond et surtout dans la forme. Son élaboration a paru trop rapide et manquer de concertation. La décision qui a été finalement prise, de reporter la décision sur un texte qu'il convient de rediscuter, me paraît sage.

Je trouve ce débat passionnant et le vétéran que je suis a connu un processus très semblable, auquel j'ai personnellement participé, avant, pendant et après la Conférence générale de l'ICOM de 1971. Dans les deux cas, on est devant un besoin de changement, qui est exprimé, parfois fortement, par un groupe peut-être minoritaire mais aussi plus déterminé et plus dynamique que la masse des membres d'une organisation internationale dont la culture est généralement plus orientée vers la conservation des acquis (les collections) que vers la prise de risques (l'insertion dans la société).

Apparemment, nous nous trouvons devant un "mouvement" assez spontané, qui se qualifie sans doute de progressiste, et qui veut par un seul grand coup commencer à changer le musée, en commençant par sa définition, car c'est la seule chose que l'on puisse changer tout de suite. Il faudra ensuite changer des milliers d'institutions, souvent publiques, dans un grand nombre de pays et cela prendra des années et sans doute des formes très diverses qui devront tenir compte de résistances inévitables. Pour ne prendre qu'un exemple partiel, la célèbre Table Ronde de Santiago, en 1972, qui voulait susciter dans les musées d'Amérique Latine un changement très radical, a fait l'objet d'un constat d'échec relatif en 1992 à Caracas, et n'a en fait trouvé un milieu muséal vraiment favorable que dans les années 2000.

L'analyse des débats et des votes à Kyoto sera extrêmement intéressante et il est trop tôt évidemment, surtout pour les gens comme moi qui sont à l'extérieur de la profession muséale, pour tirer des conséquences ou des leçons de ce qui apparaîtra sans doute comme la toute première phase d'un processus de gestation, non pas seulement d'une simple définition, mais aussi d'une évolution plus ou moins rapide du musée et de la muséologie.

Provisoirement, et pour commencer dès maintenant à apporter une première pierre à la discussion, je poserais comme hypothèse de travail qu'existeraient de fait deux groupes qui se seraient alliés pour l'occasion et qui chercheraient à faire approuver cette nouvelle définition, même s'ils ne sont pas d'accord sur certains points essentiels. Ces groupes ne sont pas forcément organisés et toute cette affaire n'est pas un complot, mais le fruit de deux évolutions parallèles

Un premier groupe serait fait de professionnels de musées (surtout occidentaux ou de culture occidentale) qui se sentent frustrés de ne pas pouvoir changer leurs propres institutions et qui, influencés par le discours et certaines pratiques de la Nouvelle muséologie héritée de Grenoble 1971, de Santiago 1972 ou du Creusot années 70, et aussi par ce que l'on appelle maintenant l'écomuséologie, utilisent un vocabulaire et des concepts actuels pour tenter d'orienter l'avenir de leurs musées. Il s'agit, sans le dire trop clairement, de briser le plus possible les anciennes théories et les anciennes pratiques représentées par la vieille définition, qui a le défaut à leurs yeux de n'avoir pas su accompagner l'évolution de la société.

Un autre groupe serait fait de professionnels non occidentaux qui sont, depuis les années 60 et la décolonisation, à la recherche de muséologies nationales, ou vernaculaires, libérées de la dictature de l'art, des disciplines académiques et des théories muséologiques euro-américaines; pour ceux-là la vieille définition a d'abord le défaut d'avoir été imposée par des occidentaux et nourrie par la tradition des grands musées d'art. On peut en trouver de premières manifestations dans la Table Ronde de Santiago (1972), dans la déclaration de Guwahati (1988), dans l'émergence des réseaux de musées communautaires et autochtones notamment au Mexique, au Canada et au Brésil (depuis 1994), dans l'apparition des banques culturelles en Afrique de l'Ouest (depuis 1997), etc.

Je crains que les avis, pourtant très justes et argumentés, donnés par des professionnels reconnus, mais surtout occidentaux et appartenant à des générations issues du moule de la muséologie traditionnelle, ne puissent guère lutter contre ces tendances divergentes. Ils apparaissent comme défendant une vision du musée à la fois élitiste et impérialiste. J'ai peut-être complètement tort et je n'ai pas la première preuve documentaire ou statistique de ce que j'avance… Je m'appuie à la fois sur le souvenir du mouvement analogue, mais encore très occidental, des années 1970, et sur de nombreuses discussions sur le terrain, échanges de correspondance et écoute de débats collectifs pendant ces vingt dernières années.

Je crois cependant que, quelque soit le résultat des travaux qui vont commencer à la suite de la décision de Kyoto, nous sommes partis pour des années de réflexions, d'expérimentation, de luttes et d'efforts sur ces deux pistes. Le texte proposé à Kyoto va rester, pendant au moins un an, un document de travail qui servira de punching ball aux principaux animateurs de ces mouvements et aux instances nationales et internationales, au sein de l'ICOM. La vraie question est de savoir si celui-ci saura jouer son rôle de médiateur et d'arbitre. Actuellement, je sais que quelques milliers de musées locaux, écomusées et musées communautaires pratiquent déjà à travers le monde, sans discours inutiles, sur le terrain, les ambitions mal exprimées dans le projet de définition, presque sans y être aidés que ce soit par l'ICOM ou par les pouvoirs publics nationaux. On pourrait peut-être commencer par les reconnaître et les faire connaître, comme l'ont fait à leur manière l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire du Mexique et douze régions italiennes. L'UNESCO, puis l'ICOM avec la revue Museum ont attiré de temps à autre l'attention sur des cas exemplaires, que beaucoup considèrent sans doute comme "hérétiques". Des pays ont tenté, souvent assez naïvement, de définir un "musée pour le XXIème siècle"…

Autre élément qu'il est intéressant de signaler ici. Le débat en cours sur la restitution d'objets arrachés à leurs cultures d'origine pendant la période coloniale oppose deux manières d'interpréter le droit de propriété, celui du collectionneur (notamment le musée) et celui de l'héritier collectif. On retrouve là, me semble-t-il, sur un thème distinct mais lié, les deux voies dont je parlais plus haut.

Je crois qu'il faudra que l'ensemble de la profession travaille pendant au moins vingt ans sur ces deux voies d'une future muséologie plurielle, plus que sur une définition qui restera toujours trop normative pour satisfaire la diversité des situations nationales et locales. Et il faudra aussi que les musées eux-mêmes se transforment, à leur rythme mais en profondeur et pas seulement dans le discours, grâce au dynamisme et au réalisme de leurs responsables.

 

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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 16:31

Il y a toujours du nouveau dans les écomusées italiens. C'est maintenant en Lombardie qu'il faut aller pour découvrir un remarquable programme d'accréditation des écomusées par le Conseil régional qui, après l'adoption de la loi régionale des écomusées de 2006, a commandité une évaluation de la trentaine d'écomusées existants, puis a adopté, après un long travail de concertation avec le Réseau qu'ils constituent, un règlement portant sur les conditions d'accès à l'accréditation des écomusées par la Région. Je crois que ce document est extrêmement important et pourrait inspirer bien des écomusées dans de nombreux pays, en leur offrant des idées de méthode qui pourraient servir, soit pour la création d'un écomusée, soit pour son évaluation, soit pour apporter des corrections à ses pratiques, soit encore pour sa communication auprès de ses autorités locales. Ce règlement pourrait aussi inspirer des réseaux nationaux d'écomusées. Je me suis permis, avec l'accord de Raul Dal Santo, coordinateur de l'Ecomuseo del Paesaggio de Parabiago et animateur du réseau des écomusées de Lombardie, d'en faire une traduction aussi fidèle que possible (mais je ne suis pas un traducteur très expérimenté) en français. Raul va en faire autant en anglais.

Voici donc ce règlement lombard de l'accréditation des écomusées.

 

 

Conditions minimums exigibles

pour l’accréditation des écomusées par la Région de Lombardie

(Cette mise à jour fait suite à une opération générale d’évaluation des écomusées lombards qui s’est déroulée en 2017, en coopération entre la Région et le Réseau des écomusées de Lombardie)

 

Références

Texte complet de la Loi régionale 25/2016 : http://normelombardia.consiglio.regione.lombardia.it/NormeLombardia/Accessibile/esportaDoc.aspx?type=pdf&iddoc=lr002016100700025

Texte original des Requisiti Minimi (Conditions minimum) : https://sites.google.com/site/ecomuseidellalombardia/gruppi-di-lavoro/rappresentanza/revisione-requisiti-e-monitoraggio

 

Préambule

La loi régionale 25/2016, article 19, définit les écomusées comme des “institutions culturelles constituées par des collectivités locales, des associations, des fondations ou d’autres organismes de caractère privé sans but lucratif, qui remplissent, au sein d’un espace territorial défini et avec la participation active de la population, des communautés locales, des institutions culturelles scientifiques et éducatives, des  collectivités et institutions locales, les fonctions d’entretien, de gestion, de valorisation et de sauvegarde du patrimoine culturel et paysager local représentatif d’un milieu, des modes de vie et de leurs transformations.”

La Région promeut la constitution, l’accréditation et le suivi des écomusées. Elle en soutient l’activité en vue de conserver et de renouveler l’héritage culturel vivant de certains territoires et des populations qui les habitent, de favoriser des processus de développement soutenable basés sur le patrimoine local, de sauvegarder les paysages typiques de la Lombardie et de valoriser la diversité culturelle des lieux. Elle favorise le développement de l’activité en réseau et l’utilisation des ressources européennes, nationales et privées au profit des écomusées.

Lors de la présentation d’une demande d’accréditation, l’écomusée doit prouver qu’il est en possession des conditions minimum énumérées dans le présent document.

 

Préalable

L’écomusée devra présenter un contact téléphonique et une adresse mail, afin de rester joignable pour toute demande d’information. On indiquera en particulier les coordonnées du coordinateur de l’écomusée, qui sera l’intermédiaire privilégié pour toute communication entre l’écomusée et les services régionaux préposés au suivi des activités écomuséales.

 

TITRE I – L’INSTITUTION

 

La constitution d’un écomusée doit prendre la forme d’un acte constitutif et d’un règlement.

Peuvent constituer un écomusée:

  • des collectivités locales, individuellement ou en association;
  • des associations;
  • des fondations;
  • des institutions privées sans but lucratif.

 

Condition 1 – Acte constitutif et Règlement

L’écomusée doit être doté d’un acte constitutif spécifique qui précise sa nature d’organisme permanent et sans but lucratif.

L’acte constitutif doit contenir le nom, la marque déposée, le siège légal et institutionnel, la mission, le mode  de gestion choisi (qui garantit la continuité dans le temps de l’action menée sur le territoire) et la ou les caractéristiques particulières de l’écomusée, le patrimoine culturel et paysager qu’il s’engage à entretenir, à gérer; à valoriser et à sauvegarder avec la participation active de la communauté.

L’écomusée doit disposer d’un règlement écrit spécifique qui indique le mode de gestion, ainsi que les règles de fonctionnement et de programmation des activités, et

  • les modalités de la planification participatives et de la programmation des activités écomuséales;
  • les modalités d’obtention des ressources financières et des moyens matériels et humains dont il aura besoin pour la réalisation de son plan d’action, comportant l’utilisation des fonds européens et des crédits nationaux et privés disponibles pour l’écomusée;
  • les modalités d’implication et de participation active de la population et des autres acteurs du territoire.

 

Condition 2 – Consentement libre et informé

La création de l’écomusée doit être l’expression d’une large participation de la part de la communauté et des personnes morales et physiques, publiques et privées qui le composent. La population locale, comme les institutions culturelles scientifiques et éducatives, les entités et associations locales, les acteurs économiques et éventuellement les personnes concernées sont appelés à exprimer, avec leur consentement libre et conscient leur adhésion au projet écomuséal. Ce consentement peut être exprimé sous les formes les plus adéquates et représentatives de cette volonté (une simple lettre, une adhésion formelle, une convention, un accord de collaboration, la signature citoyenne, etc.).

 

Condition 3 – Siège

Pour garantir la stabilité et la pérennité de l’action de l’écomusée, celui-ci doit avoir la propriété ou la disponibilité d’un siège permanent, identifiable et reconnaissable.

Au cas où le siège ne serait pas sa propriété, sa disponibilité devra être garantie par des documents formels qui lui assurent une pérennité raisonnable dans le temps.

 

Condition 4 – Dénomination et marque déposée

L’écomusée doit avoir une dénomination exclusive et originale ainsi qu’une marque et un logo qui le caractérisent. L’écomusée doit utiliser, dans toutes les initiatives qu’il prend, sa dénomination exclusive et sa marque.

 

TITRE II – PROJET ECOMUSEAL

 

Le patrimoine écomuséal est constitué de l’héritage culturel vivant et des biens culturels, matériels, immatériels et paysagers qui existent sur le territoire de référence.

Le patrimoine écomuséal est l’expression du milieu, des modes de vie et de leurs transformations.

Le patrimoine écomuséal est l’expression de la culture de la communauté locale; il doit donc être défini avec la participation de la population.

Pour obtenir l’accréditation régionale, l’écomusée doit produire un projet écomuséal complet et soutenable qui, à l’issue d’un diagnostic préalable, définit:

  • le territoire de référence;
  • le patrimoine culturel et paysager, matériel et immatériel qui doit être sauvegardé;
  • le personnel dédié à l’activité écomuséale;
  • les activités réalisées avant la demande d’accréditation;
  • les objectifs stratégiques qu’il s’agit d’atteindre dans la planification des activités.

 

Condition 5 - Territoire

L’écomusée doit se référer à un territoire spécifique bien identifié et délimité, lié à une histoire et à une identité culturelle, sociale et économique définies et homogènes. L’écomusée est l’expression de ce territoire et représente son identité culturelle, qui est celle de sa communauté.

L’aire territoriale doit être précisée à partir des éléments suivants:

  • représentation cartographique, de préférence numérisée et géo-référencée;
  • histoire du territoire et de ses transformations;
  • éléments identitaires contemporains;
  • éléments culturels, paysagers, environnementaux et socio-économiques spécifiques à l’aire choisie, ainsi que l’héritage culturel vivant qui la caractérise par rapport à d’autres contextes territoriaux.

Afin d’éviter les superpositions, il ne peut être accrédité qu’un seul écomusée sur un territoire donné.

 

Condition 6 – Patrimoine

L’écomusée doit indiquer le patrimoine culturel et paysager, matériel et immatériel dont il entend prendre soin, qu’il s’engage à gérer, sauvegarder et valoriser, avec une attention particulière portée à l’héritage culturel vivant.

Le patrimoine de l’écomusée doit être:

  • décrit de manière participative, par exemple à travers la réalisation de la mappa di comunità;
  • cartographié, de préférence en mode numérique et géo-référencé;
  • structuré selon des thèmes principaux, liés à la spécificité de l’écomusée;
  • organisé en itinéraires culturels (au sens de l’article 20.1, de la loi régionale 25 du 7 octobre 2016, en s’attachant à l’intégration des établissements et lieux de culture, des sites régionaux inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO, des parcours et des itinéraires historiquement documentés, y compris ceux qui sont inscrits sur les cartes du plan paysager régional, et des biens culturels d’importance historico-architecturale et monumentale.

 

Condition 7 Personnel de l’écomusée

Les fonctions de l’écomusée peuvent être assurées seulement sous la condition de la présence du personnel professionnel qualitativement et quantitativement nécessaire, en termes de capacité et de  responsabilité, à son fonctionnement, et aussi en accord avec d’autres structures.

L’écomusée doit garantir la présence d’un expert, occupant les fonctions de coordinateur/référent de l’écomusée, qui sera responsable de la coordination des activités de l’écomusée et qui aura la fonction de représentant officiel de l’écomusée auprès des institutions et de la population.

L’expert devra démontrer, par son curriculum vitae et ses diplômes, la compétence technique et scientifique nécessaire à la gestion de l’écomusée. Les tâches confiées au coordinateur devront être formalisées dans un contrat de mission.

L’écomusée doit garantir la présence des ressources humaines, y compris sur une base de volontariat,  qui contribueront au développement des activités écomuséales, à la réalisation des projets et à la gestion des structures.

Il est recommandé à l’écomusée de se doter d’au moins un référent scientifique, qui peut être le coordinateur lui-même, possédant des compétences multidisciplinaires relatives aux diverses activités de l’écomusée.

 

Condition 8Activités et projets

L’écomusée doit pouvoir démontrer sa capacité à être autonome dans la réalisation de ses projets et dans son autofinancement. En vue de son accréditation, cette capacité doit être présentée et documentée par l’écomusée sous la forme d’activités s’adressant directement au territoire lui-même et avec l’implication de la population locale, au moins depuis la date de fondation officielle de l’écomusée. Devront être documentées les activités de promotion, d’étude et de recherche relatives aux contenus et aux tâches de l’écomusée ainsi que ses activités d’éducation et de formation. Ces activités devront être soutenues par un programme adéquat de communication et de diffusion.

Ces activités devront être valorisées et constituer le point de départ du projet écomuséal, exigé par le processus d’accréditation.

En particulier les activités prévues par le projet écomuséal, relatives aux cultures traditionnelles, à l’histoire orale, aux savoirs locaux, aux biens immatériels et, plus généralement, aux biens culturels qui relèvent de la recherche ethno-anthropologique, devront respecter les normes techniques de l’Archivio di Etnografia e Storia Sociale (AESS) de la Région Lombardie.

 

Condition 9 – Stratégie et Planification

L’écomusée doit concevoir sa planification de façon participative, élaborer son programme annuel de manière concertée et peut intégrer les Plans intégrés de la culture (article 37 de la loi régionale 25/20116). La demande d’accréditation de l’écomusée doit comporter une planification à long terme, partagée avec les différentes parties prenantes, et un programme d’activités (au moins annuel, si possible pluriannuel) à réaliser à la suite de la demande d’accréditation, dans lequel soient définis les objectifs stratégiques de développement local soutenable de nature sociale, environnementale et économique, en référence aux enjeux globaux définis par les objectifs de développement 2030 des Nations Unies, parmi lesquels la justice climatique.

Le programme prévoira:

  • les objectifs de tutelle et de mise en valeur;
  • les procédures, la méthode et les stratégies d’organisation et d’action;
  • les activités, les interventions et les initiatives à réaliser;
  • l’activité du centre d’information et de documentation;
  • les activités de recherche, d’éducation et de culture en cohérence avec les finalités et caractéristiques de l’écomusée, ainsi que ses projets éducatifs et pédagogiques;
  • le partenariat avec les institutions scientifiques, les universités, les écoles, les musées, les parcs, les instituts de recherche et/ou de conservation, et avec les associations culturelles en général;
  • le plan financier de gestion qui garantisse la pérennité de l’écomusée;
  • le budget de ressources de l’écomusée comprenant les chapitres suivants: ressources propres, financements publics, financements privés et prospective à moyen terme;
  • l’identification des partenaires dans la mise en œuvre de l’écomusée et la preuve de leurs engagements;
  • les entités qui collaborent économiquement avec l’écomusée;
  • les activités économiques soutenables que l’on entend développer;
  • les bâtiments, les structures et les sites à valoriser, les parcours et les itinéraires de visite, de préférence pour cyclistes et piétons;
  • la formation des opérateurs, y compris des volontaires;
  • la planification dans le temps de la réalisation du programme;
  • la liaison avec les instruments de programmation régionale et locale;
  • les ressources humaines et financières nécessaires à la réalisation du programme;
  • les modalités de vérification et de contrôle de l’état d’avancement du programme et des impacts sur le développement soutenable attribuables à l’action de l’écomusée.

 

TITRE III – RAPPORTS AVEC LA POPULATION ET LES ORGANISMES PUBLICS ET PRIVES

 

L’écomusée doit être l’expression des principes de subsidiarité, soutenabilité, responsabilité et participation des organismes publics et privés et de la population locale. En conséquence, l’écomusée doit promouvoir et faciliter des processus permanents de participation active de la population, des communautés locales, des institutions culturelles, scientifiques et éducatives, des entités et associations locales qui contribuent à l’inventaire, l’entretien, la gestion, la mise en valeur et la sauvegarde du patrimoine culturel et paysager local. Les rapports avec les structures culturelles et de volontariat présentes sur le territoire doit être organisé et défini, afin d’améliorer la coopération et le partenariat.

 

Condition 10 – Rapports avec la population

Le consensus social et la participation sont des conditions incontournables pour l’obtention de l’accréditation de l’écomusée par la région. La participation concrète de la population locale s’exprime dès la création même de l’écomusée à travers le consentement libre et informé des personnes qui adhèrent au projet écomuséal. L’écomusée doit indiquer les modalités d’implication et de participation active de la population locale au projet écomuséal aux divers niveaux de la participation :

  • information ;
  • consultation ;
  • concertation (codécision) ;
  • action partagée.

L’action de l’écomusée doit se faire de façon participative : l’inventaire du patrimoine culturel, par exemple, peut être construit par la création de laboratoires de citoyenneté active pour la construction de mappe di comunità, ou pour la réalisation d’itinéraires culturels ; la planification des activités doit faire participer activement la population à la prise de décision.

L’écomusée peut mettre en œuvre des accords de collaboration, formels ou informels.

 

Condition 11 – Rapports avec les institutions locales

L’écomusée doit indiquer les modalités de ses rapports avec les institutions locales, que ce soit par une participation à ses propres organes statutaires, ou par des accords ou conventions relatifs au développement de ses activités.

L’écomusée peut contribuer à fournir aux institutions chargées de l’élaboration des instruments de planification :

  • la liste des éléments du patrimoine culturel et naturel, sélectionnés avec la participation de la communauté, en tant que patrimoine stratégique pour atteindre des objectifs de qualité paysagère ;
  • une collaboration pour l’identification des éléments de lecture propres aux spécificités du territoire et des caractéristiques identitaires du système paysager, environnemental, règlementaire et infrastructurel.

 

Condition 12 – Rapports avec les institutions culturelles, éducatives et le volontariat

L’écomusée doit indiquer les modalités d’engagement des associations volontaires et des institutions culturelles et éducatives présentes sur le territoire, y compris par la signature de conventions spécifiques.

L’écomusée doit indiquer le rapport de collaboration qu’il entretiendra avec les structures publiques et les autres entités socioculturelles (comme par exemple les musées, les bibliothèques, les archives, les écoles, les parcs). L’écomusée participe aux groupes de travail relatifs aux écomusées ou aux musées, promus par la Région Lombardie, et peut collaborer aux activités promues par les réseaux d’écomusées à niveau régional, national et international.

 

Condition 13 – Rapports avec les milieux économiques locaux

L’écomusée doit développer ses relations avec les structures dédiées au développement économique local et avec les opérateurs économiques productifs (artisanat, industrie et agriculture) et des services (acteurs culturels, touristiques et créatifs), présents sur le territoire, afin de contribuer à un projet de développement coordonné et soutenable.

Pour améliorer la coopération et le partenariat, les relations avec les personnes morales  publiques et privées opérant sur le territoire doivent être définies avec précision, c'est-à-dire que doivent être fournis les actes (conventions, etc.) qui documentent les modalités d’intervention de ces interlocuteurs.

L’écomusée peut encourager l’initiative entrepreneuriale visant à créer des parcours de visite intégrés qui favorisent la découverte de produits locaux et les échanges culturels entre les visiteurs et les résidents.

 

TITRE IV – INFORMATION, COMMUNICATION, DOCUMENTATION

 

L’écomusée doit communiquer avec les divers organismes et institutions présents sur le territoire et peut collaborer aux activités promues par les réseaux d’écomusées au niveau régional, national et international

Les écomusées doivent être dotés d’un centre d’information/documentation, et sont tenus de développer et de promouvoir la recherche scientifique et pédagogique dans les domaines de l’histoire, de l’art, des traditions locales et de l’environnement, et à en diffuser les résultats ou en favoriser la divulgation.

 

Condition 14 – Communication

L’écomusée doit s’attacher à informer la population sur tout de qui concerne son activité et les initiatives qu’il promeut. En particulier, il doit avoir mis en œuvre des formes de communication numérique dédiées et mises à jour (un site web et/ou un compte sur les réseaux sociaux).

L’écomusée publiera, avec droits de publication libres, les inventaires du patrimoine, accompagnés de notices explicatives, les cartes du patrimoine et du territoire et les itinéraires culturels.

 

Condition 15 – Centre d’information/documentation

L’écomusée doit se doter d’une structure servant de centre d’information pour les visites à l’écomusée (il peut se trouver dans le siège de l’écomusée) ; cette structure, qui devra garantir une ouverture continue pendant toute l‘année, avec des horaires à préciser et à communiquer au public, pourra être dotée d’un espace permettant le rassemblement d’éventuelles collections et de locaux d’exposition. Dans ce cas, devront être clairement indiqués les services proposés par le centre et les modalités de consultation de la documentation, soit en ligne, soit sur place.

 

TITRE V – MODALITES ET CALENDRIER DE LA PRESENTATION DES DEMANDES D’ACCREDITATION, DE SUIVI ET DE REVOCATION DE L’ACCREDITATION REGIONALE

 

  1. Présentation de la demande

Pour pouvoir présenter sa demande d’accréditation, l’écomusée doit exister depuis au moins douze mois avant la date limite de dépôt de la candidature, et justifier d’une activité correspondant à la finalité écomuséale, selon les termes de l’article 19 de la loi régionale 25/2016, entreprise et structurée avec la participation active de la communauté de référence.

Seront également pris en considération les écomusées déjà précédemment accrédités par la Région qui ont entrepris un processus de réorganisation, par exemple par rapport au territoire concerné ou relative aux communautés ou collectivités adhérentes.

La Région Lombardie annoncera l’accréditation dans ses décisions officielles publiées périodiquement.

 

  1. Suivi

Le suivi des écomusées sera effectué selon la procédure suivante :

  • tous les deux ans, chaque écomusée remplira un questionnaire d’autoévaluation présentant les résultats obtenus, les projets réalisés, les accords formels et informels passés avec les collectivités et institutions du territoire qui se sont concrétisés et ont engendré de nouvelles activités et de bonnes pratiques, les impacts induits par l’action de l’écomusée en matière de modes de travail (dimension méthodologique), de culture (dimension relationnelle et sociale), et de qualité du paysage (dimension physique). Devront être signalées les éventuelles modifications intervenues dans les statuts et règlements, dans la redéfinition des référents de l’écomusée ou de ses adhérents, et aussi des limites du territoire pris en compte ou des types de patrimoine à gérer.
  • tous les six ans la Région Lombardie effectuera un contrôle sur place sur un échantillon d’écomusées. Ce contrôle aura pour but de vérifier l’état de fait et l’observation des conditions d’accréditation, en particulier sur les sites où auraient été rencontrées des difficultés lors des auto-évaluations antérieures.
  • en cas de besoin, et en particulier pour les écomusées qui auraient reçu des recommandations ou des prescriptions précises, la Région Lombardie pourra effectuer des vérifications sur place, ou demander des réponses écrites spécifiques, pour en vérifier l’application.

 

  1. Révocation de l’accréditation régionale

Au cas où un écomusée accrédité, à la suite d’un contrôle, ne remplirait pas une ou plusieurs des conditions ci-dessus, il sera invité par la Région Lombardie à se mettre en règle dans un délai de six mois.

Si ce délai n’est pas respecté, le Conseil régional procèdera à la révocation de l’accréditation.

La révocation de l’accréditation comporte la perte du droit à accéder aux cofinancements régionaux destinés aux écomusées accrédités et à l’utilisation de la marque régionale des écomusées.

 

 

 

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 16:13

Quarante-huit ans après des débats passionnés lors de la 7ème Conférence générale de Grenoble, quarante-cinq ans après l'approbation d'une nouvelle définition du musée par la 8ème Conférence générale de Copenhague, l'ICOM s'apprête à mettre au vote, à Kyoto, le 7 septembre, un projet de définition complètement nouvelle (https://icom.museum/fr/activites/normes-et-lignes-directrices/definition-du-musee). Il se lit ainsi:

Les musées sont des lieux de démocratisation inclusifs et polyphoniques, dédiés au dialogue critique sur les passés et les futurs. Reconnaissant et abordant les conflits et les défis du présent, ils sont les dépositaires d’artefacts et de spécimens pour la société. Ils sauvegardent des mémoires diverses pour les générations futures et garantissent l’égalité des droits et l’égalité d’accès au patrimoine pour tous les peuples.

Les musées n’ont pas de but lucratif. Ils sont participatifs et transparents, et travaillent en collaboration active avec et pour diverses communautés afin de collecter, préserver, étudier, interpréter, exposer, et améliorer les compréhensions du monde, dans le but de contribuer à la dignité humaine et à la justice sociale, à l’égalité mondiale et au bien-être planétaire.

 

Je ne veux pas intervenir dans un débat qui semble déjà avoir eu lieu en interne et pour lequel je ne me sens pas légitime, n'étant pas moi-même professionnel de musée. Je crois cependant intéressant de faire quelques remarques sur ce projet à l'intention de mes nombreux amis qui s'intéressent à la muséologie et qui sont ou ont été les acteurs et témoins du mouvement que l'on appelait la "nouvelle muséologie".

 

1. Vu dans son ensemble, ce texte ne ressemble pas à une définition, mais plutôt à une sorte de préambule idéologique qui pourrait convenir à bien d'autres institutions (bibliothèques, archives, départements universitaires, centres culturels, laboratoires). La définition actuelle n'est certes pas parfaite (elle est trop centrée sur la collection), mais elle est acceptée mondialement et sert de référence à bien des documents nationaux et internationaux.

2. Le style compliqué (dialogue critique sur les passés et les futurs) et le vocabulaire ampoulé (lieux de démocratisation inclusifs et polyphoniques) reflètent des préoccupations généreuses qui se réfèrent à des concepts politiques et sociologiques très répandus, qui esquissent une sorte d'idéal tellement exigeant (l’égalité des droits et l’égalité d’accès au patrimoine pour tous les peuples) que l'on aurait du mal à trouver au monde un seul musée qui l'atteindrait.

3. On pourrait plutôt y voir un tableau de quelques critères professionnels et moraux à respecter pour attribuer le label de musée à telle ou telle institution. Mais alors, si nous cherchons à appliquer de telles "normes" (qui n'existent actuellement à ma connaissance dans aucune loi nationale de musées), je crains que l'on rencontre des difficultés:

- quels musées se dédient au dialogue critique sur les passés et les futurs ?

- quels musées sont réellement participatifs et transparents ?

- quel musées peuvent prétendre contribuer efficacement à l’égalité mondiale et au bien-être planétaire ?

4. Certes le musée continue à être organisé autour de collections matérielles et immatérielles dont il est dépositaire et qu'il doit sauvegarder et mettre en valeur, mais peut-il vraiment améliorer les compréhensions du monde ? D'ailleurs, qui, au sein d'un musée, peut dire qu'il comprend le monde, que ce soit au singulier ou au pluriel ?

 

Cet ensemble de bonnes intentions pourrait trouver sa place dans les discours sur la déontologie des musées et être enseigné aux professionnels de musées, car ce sont eux qui devront faire respecter ces principes dans leurs pratiques, alors que les musées, eux, ont la neutralité de toute institution publique. Pour ne prendre qu'un exemple très actuel: si l'on veut garantir l’égalité d’accès au patrimoine pour tous les peuples, il faudra bien que les responsables des musées prennent les mesures nécessaires pour que les peuples aient accès physiquement et culturellement aux artefacts et spécimens qui appartiennent à leurs patrimoines.

 

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 17:23

Franck Riester est le ministre français de la Culture. Il a prononcé le 4 juillet, à l'Institut de France, devant un parterre d'académiciens et de personnalités du monde des arts et de la culture, en particulier des musées et du patrimoine, un discours dont on peut trouver le texte écrit sur :

http://www.culture.gouv.fr/Presse/Discours/Discours-de-Franck-Riester-ministre-de-la-Culture-prononce-a-l-occasion-du-forum-Patrimoines-africains-reussir-ensemble-notre-nouvelle-cooperation-culturelle-jeudi-4-juillet-2019.

 

Le ministre a traité des problèmes posés par les relations culturelles entre la France et l'Afrique, en insistant plus particulièrement sur la question de la restitution de patrimoines africains à leurs pays et cultures d'origine, à la suite du discours du Président Macron à Ouagadougou et du rapport Sarr-Savoy qui en a été la conséquence. Même si je ne suis pas un expert de ces questions, il me semble important de commenter, ou même de rectifier, certains passages du discours ministériel, du point de vue du simple bon sens et aussi de l'histoire des relations politiques et culturelles entre l'Europe et l'Afrique. Voici donc reproduits en italique quelques extraits significatifs que je me permettrai de commenter et de questionner.

 

Notre pays est le dépositaire d’un patrimoine fait de chefs d’œuvres inestimables. Parmi ce patrimoine, de nombreux chefs d’œuvres ont été créés en Afrique.

Je crois qu'il ne faut pas confondre ce qui constitue le patrimoine de la France et des français, avec les éléments de patrimoines appartenant à d'autres pays et à d'autres peuples qui peuvent se trouver sur notre territoire (dans nos musées ou dans des collections privées) à la suite d'un transfert de propriété dû à des circonstances variables, légitimes ou non. Un objet nigérian ou coréen fait partie du patrimoine nigérian ou coréen, même s'il se trouve dans un musée ou une collection en France. Le fait d'avoir été aimé ou étudié par un artiste ou un intellectuel français ne lui donne pas un caractère patrimonial pour la France.

D'autre part, pourquoi parler de chefs d’œuvre, ou même plus simplement d’œuvres. C'est un vocabulaire issu de l'histoire de l'art qui reflète le regard et l'appréciation portée sur des objets, ici évidemment africains, par des spécialistes européens qui se réfèrent à leur seuls véritables critères de qualité et de valeur, qui sont artistiques. Mais que ces objets aient d'abord et peut-être exclusivement une valeur historique, politique, religieuse, technique, sociale pour le pays et le peuple au patrimoine desquels ils appartiennent, ne semble pas poser de problème au ministre.

 

Rappelons-nous l’influence décisive que les arts du continent africain ont eu sur les artistes européens.

Je ne peux m'empêcher de voir dans cette phrase l'idée que ce seraient les artistes européens (il cite ensuite Picasso, évidemment) qui auraient "inventé" les arts africains, à partir d'objets qu'ils ne comprenaient pas et dont ils ne voyaient que des formes dont ils décidaient de s'inspirer.

 

Ne reprochons donc pas à nos musées d’être ce qu’ils sont. Ils donnent à voir le monde et la création artistique dans sa diversité. Ils sont les messagers de l’universel [....] Je souhaite donc que nos institutions muséales intensifient leurs échanges avec leurs homologues d’Afrique. Qu’ils partagent leurs chefs-d’œuvre, qu’ils les prêtent, qu’ils les déposent, qu’ils les fassent circuler car aucun artiste n’a jamais voulu que ses créations soient le monopole d’un temps et d’un espace uniques.

Les messagers de l'universel ne parlent et n'agissent qu'à travers le prisme de leur propre culture. Accepteront-ils de présenter les patrimoines des autres selon le regard des autres ? Laisseront-ils des muséologues ivoiriens ou gabonais gérer et présenter à leur manière les collections béninoises ou gabonaises du Musée du Quai Branly ? Risqueront-ils des "chefs d’œuvre" de leurs propres cultures en les envoyant sous d'autres latitudes, à des collègues formés différemment ? Ou bien reproduirons-nous l'exemple d'Abu Dhabi en Afrique ?

 

L’Institut national du patrimoine (INP) et l’École du Louvre vont mettre en œuvre un programme de formation à destination des partenaires africains qui souhaiteront y prendre part.

Ces deux institutions nationales françaises sont-elles qualifiées pour former des professionnels africains du patrimoine ? Ou bien se contenteront-elles de faire ce qu'elles savent faire, c'est à dire former des conservateurs européens du patrimoine - artistique ou ethnographique - entreposé dans des musées européens et considéré ipso facto comme européen ? D'ailleurs, faut-il parler globalement de conservateurs africains, supposés appliquer les normes et les pratiques des musées européens, supposées sans doute universelles ? Ne devrait-on pas parler de professionnels du patrimoine et des musées sénégalais, béninois, camerounais, chaque pays ayant le droit de créer et de développer ses propres institutions, parlant le langage de sa propre culture, en fonction d'objectifs nationaux ou même locaux, pour son propre patrimoine ?

 

Antiquaires, commissaires-priseurs, experts, collectionneurs, tous participent à la connaissance et à la conservation des patrimoines. Ils ont fait de Paris la capitale mondiale de ce secteur du marché de l’art.

Le marché de l'art sert surtout à l'importation et à la circulation d'éléments de patrimoine, considérés pour leur valeur artistique et commerciale, au détriment des pays d'où ils sont extraits par divers moyens, parfois légaux, souvent illégaux. Il ne s'agit par conséquent ni d'une connaissance de la signification culturelle de ces objets, ni de leur conservation au sein des sociétés qui leur ont donné naissance.

 

Merci à l’Unesco d’être présente, elle qui agit sans relâche pour la préservation de la richesse des patrimoines.

Cette phrase, prononcée au début du discours,  est intéressante, car bien d'autres phrases par la suite se réfèrent, explicitement ou implicitement, au caractère universel du patrimoine, un concept promu par l'Unesco, notamment à travers ses diverses listes d'un patrimoine dit "mondial". Mais le patrimoine n'est-il pas d'abord celui de ceux qui ont ont été les créateurs, puis les héritiers légitimes ? Et ne sont-ils pas les meilleurs juges de ce qui est leur patrimoine, avant que des experts discutent de ce qu'il a d'universel (à leurs yeux d'experts) ?

 

 

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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 09:41

Je viens de terminer la lecture du remarquable ouvrage coordonné par trois archéologues français, Jean-Paul Demoule, Dominique Garcia et Alain Schnapp, avec l'aide d'un très grand nombre d'auteurs de plusieurs pays, intitulé

Une histoire des civilisations

Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances

Paris, Éditions de La Découverte, 2018, 603 pages

Partant du principe que la recherche archéologique est une source de connaissance au moins aussi utile et fiable que la recherche traditionnelle sur textes et documents, les auteurs proposent un parcours complet depuis les premiers hominidés, jusqu'à la révolution industrielle et aux conflits de ces deux derniers siècles, en utilisant des découvertes très récentes, qui tiennent compte des technologies les plus avancées d'exploration, d'analyse, de datation, de génétique.

Ayant fait moi-même des études d'histoire et d'archéologie il y a bien longtemps, j'ai réalisé à quel point la recherche dans cette discipline avait fait des pas de géant depuis seulement quelques décennies. J'y ai aussi mieux ressenti l'accélération de l'histoire de l'humanité et sa relation à l'espace et au temps: il est impressionnant de voir, à quelques pages de distance, l'espèce humaine naître en Afrique, puis investir l'Europe occidentale, la Chine, la Polynésie ou l'Amérique Centrale, et pendant des millions d'années évoluer culturellement et techniquement, en s'adaptant à des environnements tellement différents.

Le livre se termine par deux courts chapitres qui ouvrent de nouvelles perspectives pour l'archéologie:

- Raconter la construction des territoires: une nouvelle mission pour les musées d'archéologie

- Archéologie et société

Et les dernières phrases méritent d'être citées: "L'archéologie se révèle donc être un excellent moyen, de prise de conscience des réalités socio-économiques et politiques qui nous entourent. A ce titre, elle est en mesure de devenir une discipline militante, qui apporte des connaissances nouvelles sur le passé de l'humanité, mais qui sait aussi dégager des pistes de réflexion et d'engagement citoyen pour mieux aborder les réalités du présent et les défis de l'avenir."

 

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4 mai 2019 6 04 /05 /mai /2019 10:35

Mário Moutinho vient de m'envoyer les sept volumes de la collection complète des

Cadernos de Sociomuseologia

Reedição 1993-2012

publiée en 2016 par les Edições Universitárias Lusófonas. Cette réédition comprend plus de 3000 pages de ce que l'on peut appeler les archives de la sociomuséologie depuis le début de l'aventure de l'enseignement de cette discipline à l'Universidade Lusófona de Humanidades e Tecnologias, à Lisbonne. Certes nous étions nombreux à posséder des numéros de cette revue, mais personnellement, je n'avais pas toute la collection et je ne me rendais pas vraiment compte de sa dimension et de son importance.

On y trouve des articles de fond, des témoignages et des expériences de terrain, des réflexions théoriques, des mémoires universitaires, qui couvrent le monde lusophone, surtout Portugal et Brésil, mais aussi de très nombreuses contributions internationales de représentants des divers courants de la Nouvelle Muséologie, de l'écomuséologie, de la muséologie communautaire. Les textes sont naturellement surtout en portugais, mais aussi en anglais et en français, notamment de nombreux articles de Pierre Mayrand.  Je ne connais pas de revues multilingues aussi ouvertes aux idées nouvelles dans le domaine du patrimoine et des musées.

Je pense qu'il faut féliciter Mário et son équipe pour avoir réussi à mener à bien à la fois la recherche et l'enseignement dans leur université et la publication d'un périodique aussi original, qui installe la sociomuséologie sur les rayons de la bibliothèque internationale de la Nouvelle Muséologie.

*

Mieux encore peut-être, Mário Moutinho vient de publier (janvier 2019)

Sociomuseologia : Ensino e Investigação -

1991-2018 - Repositório documental anotado

C'est une publication du Departamento de Museologia du Centro de Estudos Interdisciplinares em Educação e Desenvolvimento, de l'Universidade Lusófona de Lisboa. Sur 364 pages, il nous apporte la mémoire de la sociomuséologie, ce courant de la nouvelle muséologie dont Mário Moutinho a été le fondateur et reste jusqu'à aujourd'hui un des plus actifs promoteurs. Je le félicite d'avoir eu l'idée et le courage de réaliser ce considérable travail qui permet de comprendre ce qu'est la sociomuséologie et de suivre l'évolution sur vingt sept ans de la formation, de la recherche et des relations internationales de cette discipline.

 

 

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