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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 11:45

J'ai reçu de Raul Dal Santo (Ecomuseo del Paesaggio de Parabiago) un message particulièrement positif et encourageant sur les récents développements de l'activité des écomusées italiens. Je tiens à reproduire des extraits de ce message, sans commentaires, dans sa version originale (en anglais) et dans une traduction sommaire en français, pour en faciliter la diffusion.

 

Extracts from a letter received from Raul Dal Santo (17-07-2021)

The last few months have been of great intense work for me and the Italian and European ecomuseums.

[...]

... the research activity on Italian ecomuseums has allowed me to systematize all the extraordinary information and reflections that are emerging from the celebration of the 50th anniversary of ecomuseology in Italy.  A real Renaissance of the cooperative activity of Italian ecomuseums masterfully coordinated by Francesco Baratti from Apulia and with extraordinary young forces of ecomuseums also from southern Italy.  This is the so-called "phase 2" of the participation of the Italian network ...

The response was extraordinary not only among the old ecomuseums that were part of the Mondi Locali network and then of the "national coordination" but also from new Italian ecomuseums that all together now are part of a greater italian network .  We recorded dozens of contributions during the Landscape Week and over 50 short films on the practices of Italian ecomuseums divided into relevant themes, identified by the network of Italian ecomuseums.  

This now constitutes a treasure of ideas from which to draw to achieve other objectives.  These include further amendments to the Strategic Manifesto of Italian ecomuseums and the dissemination of good practices.  

Among the activities planned for the celebration of the 50th anniversary there is also an international conference I told you about the role of ecomuseums and climate action.  We hope to be able to make a small contribution to the reflection on this important topic and especially to convince ecomuseums all over the world to integrate the UN 2030 development goals into their policies and to have a systemic approach on the issue of local and global development. 

Italian enthusiasm and work is partly in tune with that of the Brazilian ecomuseums with which we continue to collaborate.  A research doctorate is expected shortly to be carried out by Nadia Oliveira in Italy. More in the short term, we are writing an article for the next issue "Empty Museums'" of Museum International illustrating the activities about the cooperation charter between Italy and Brazil.  

With these two activities I hope that we can maintain the enthusiasm and collaboration between the two very different countries but with a common tool such as the ecomuseum. 

Many other news on ecomuseums worldwide were announced through the last Drops Newsletter : https://us16.campaign-archive.com/?u=4934a398cfba99c76e17a05a9&id=37d24e69de and on the platform itself.

___________________________

 

Extraits d’une lettre reçue de Raul Dal Santo (17-07-2021)

Ces derniers mois ont connu un travail intensif pour moi et aussi pour les écomusées italiens et européens.

[...]

... L’activité de recherche sur les écomusées italiens m’a permis de systématiser l’information considérable et les réflexions qui découlent de la célébration du 50° anniversaire de l’écomuséologie en Italie. Ce fut une réelle renaissance de l’activité collaborative des écomusées italiens, remarquablement coordonnée par Francesco Baratti (Ecomusées de la région des Pouilles), mais aussi des jeunes forces des écomusées du sud de l’Italie. C’est ce que nous appelons la “phase 2” de la participation à l’intérieur du réseau italien.

La réponse a été extraordinaire, non seulement de la part des anciens écomusées qui faisaient partie du réseau de Mondi Locali et qui forment maintenant le “coordination nationale”, mais aussi des nouveaux écomusées italiens qui font maintenant partie tous ensemble d’un réseau italien élargi. Nous avons enregistré des douzaines de contributions pendant la Semaine du Paysage et plus de 50 films brefs sur les thématiques des écomusées italiens, classés par sujets et choisis au sein du réseau des écomusées italiens.

Ceci constitue maintenant un trésor d’idées dans lequel nous pourrons puiser pour atteindre de nouveaux objectifs. Ceux-ci incluent de nouveaux amendements au Manifeste stratégique des écomusées italiens et la diffusion de bonnes pratiques.

Parmi les activités prévues à l’occasion de la célébration du 50° anniversaire, il faut noter une conférence internationale sur le rôle des écomusées dans le cadre de l’action sur le climat. Nous espérons pouvoir modestement contribuer à la réflexion sur ce thème si important et plus spécialement convaincre les écomusées du monde entier d’intégrer dans leurs stratégies les objectifs 2030 du développement formulés par l’ONU et d’adopter une approche systémique du thème du développement local et global.

L’enthousiasme italien et le travail accompli correspondent en partie à ceux des écomusées brésiliens avec lesquels nous continuons à collaborer. Un doctorat de recherche entrepris par Nadia Oliveira en Italie devrait aboutir rapidement. A plus court terme, nous écrivons en commun un article pour le prochain numéro (« Les musées vides ») de Museum International qui illustrera les réalisations de la Charte de coopération qui a été signée entre les écomusées de l’Italie et du Brésil.

Avec ces deux projets, j’espère que nous maintiendrons l’enthousiasme et la collaboration entre deux pays très différents mais qui se sont donné un outil commun qui est l’écomusée.

Beaucoup d’autres nouvelles internationales sur les écomusées ont été annoncées dans le dernier numéro de la Drops Newsletter: https://us16.campaign-archive.com/?u=4934a398cfba99c76e17a05a9&id=37d24e69de et sur la plateforme elle-même.

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 17:02

Alors que musées, monuments et sites du monde entier étaient plus ou moins à l'arrêt, leurs sièges fermés ou entrouverts, leurs expositions déprogrammées ou réduites à quelques journées, leurs équipes en chômage technique ou concentrées sur la gestion des locaux et des collections, d'innombrables écomusées et musées communautaires restaient présents sur leurs territoires, auprès du patrimoine conservé vivant par leurs communautés elles-mêmes. 

Un exemple parmi d'autres: le projet Comuniterràe, en Piémont (Italie), dont on peut retrouver les deux cycles de programmes 'Raccontami l'ecomuseo" sur Facebook et Youtube.

De mon poste d'observation, j'ai pu constater, à distance, les innombrables initiatives, les rencontres virtuelles, les innovations méthodologiques, les activités partagées, dans les domiciles, en plein air, entre voisins, et même entre pays et continents, pendant les périodes les plus confinées et aux moments plus libres. Je crois que jamais ces structures locales, communautaires, modestes, participatives, apparemment fragiles, n'avaient fait autant la preuve de leur utilité sociale, culturelle, et même économique, de leur adaptation aux changements et aux vicissitudes de l'actualité.

J'en veux pour preuve l’incroyable série de rencontres entre écomusées de plusieurs pays, intitulée Babel qui, à peine terminée après presque trois mois d'intenses échanges, vient d'être mises sur internet pour que tout le monde puisse en profiter : https://www.youtube.com/channel/UCKpUaZCM9hRuRAx6XC0fFUg.

On peut y ajouter les nombreuses manifestations qui ont marqué  et marquent encore le cinquantième anniversaire de l'invention du mot écomusée, comme le Forum de l’association des écomusées et musées

communautaires brésiliens (ABREMC).

 

Et maintenant, après 18 mois de hauts et de bas, des projets continuent à apparaître, qui marquent bien l’intensité et la qualité des travaux réalisés pendant ces mois difficiles, et aujourd'hui même, alors que nous sommes tous à peine déconfinés, je reçois l'annonce du lancement par le Réseau des écomusées italiens d'un programme d'envergure nationale intitulé "LES ECOMUSEES SONT LE PAYSAGE" (21 juin - 26 novembre 2021), dont la première manifestation couvrira la Semaine du Paysage, du 21 au 25 juin, c'est à dire demain. C'est un effort coopératif qui manifeste l'unité et la créativité de la famille des écomusées italiens et qui, à mon avis, dépasse de très loin par a=sa signification le cadre national.

Cette Semaine du Paysage pourra être suivie (en Italien évidemment mais peut-être un jour des résumés en anglais pourront être diffusés) sur facebook : https://www.facebook.com/Ecomuseiitaliani. On peut aussi trouver des informations complémentaires sur www.sites.google.com/view/ecomuseiitaliani et par mail à ecomuseiditalia@gmail.com.

 

*

 

Pour ceux qui peuvent lire l'Italien, je reproduis ici le communiqué de presse (je suis trop paresseux pour oser une traduction)

 

 

Partirà lunedì 21 giugno la Settimana del Paesaggio, il primo evento previsto all’interno della
rassegna nazionale GLI ECOMUSEI SONO PAESAGGIO, iniziativa promossa dalla Rete degli
Ecomusei Italiani in collaborazione con la Rete Ecomusei Piemonte.
La rassegna ricca e articolata, proseguirà con una serie di eventi a cura dalle reti regionali dal titolo Il
paesaggio visto dagli ecomusei (28 giugno – 30 settembre) e si concluderà in autunno con tre
importanti tavole rotonde dedicate al ruolo degli ecomusei rispetto alla crisi climatica, alla
Convenzione Europea del Paesaggio ed al Sistema Museale Nazionale.
La Settimana del Paesaggio vedrà la partecipazione di più di trenta ecomusei e soggetti diversi che
operano per la cura del paesaggio. Si cercherà di sviluppare una riflessione sulla necessità di mettere
a punto nuovi modelli di sviluppo locale basati su pratiche di sostenibilità ambientale e paesaggistica
in grado di promuovere nuovi modelli di economie locali auto-sostenibili.
Sette tavoli tematici alla presenza di personalità del modo della ricerca, delle istituzioni e del terzo
settore, permetteranno di approfondire le diverse declinazioni che può assumere il paesaggio per le
comunità che lo hanno prodotto e di dialogare sugli effetti possibili dettati dalle condizioni post-
pandemiche, guardando con particolare attenzione all’attuazione del PNRR.
Nell’ambito dei singoli tavoli tematici, saranno presentati alcuni dei 50 video raccolti come
testimonianza delle ‘’buone pratiche’ sul paesaggio sviluppate nel nostro Paese dalle Alpi al
Mediterraneo, che evidenziano il ruolo sempre più attivo delle comunità nelle decisioni degli enti locali
e territoriali, rispetto al tema delle filiere corte, dell’economia circolare, della difesa delle diversità,
della resilienza all’abbandono delle campagne, della partecipazione attiva, della ricerca del benessere
basata su azioni concrete di uno sviluppo locale sostenibile.
Una settimana quindi per tornare a parlare di paesaggio come bene comune e per tracciare un primo
resoconto dei risultati a 50 anni dalla nascita del concetto di ecomuseo.


 

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 15:52

En principe, et surtout en pratique, un écomusée n'est pas un musée normal: la collection n 'est pas son objet principal, l'exposition n'est pas son seul langage et, même lorsqu'il a des professionnels salariés, il est aussi animé par des membres de la communauté. C'est à dire que, lorsque les musées et autres institutions culturelles sont obligés de fermer leurs portes pendant les périodes de confinement plus ou moins strict du temps de pandémie, le territoire de l'écomusée et le patrimoine vivant qui se trouve sur ce territoire ou dans les familles des habitants ne sont pas concernés par le confinement et continuent à exister et à vivre.

Il y a d'innombrables exemples d'écomusées et de musées communautaires, dans de nombreux pays, qui ont inventé des activités et des méthodes qui leur ont permis, non seulement d'utiliser les moyens de la technique (internet ou les réseaux sociaux, etc.), mais aussi de faire des choses nouvelles sur leur territoire, avec ou par leur population.

Un seul exemple que je viens de trouver sur internet: l'Ecomuseo delle Acque de Gemona (Frioul, Italie) a lancé le programme "Amica Mucca" pour l'adoption par des volontaires intéressés d'une vache choisie parmi celles d'une laiterie tournante, la dernière existante sur son territoire. Voir http://www.latteriacampolessi.it/amicamucca.pdf. Un patrimoine vivant est ainsi reconnu et protégé, avec les savoir-faire et les emplois correspondants, C'est un succès qui montre bien que l'écomusée n'est pas fermé...

Ce temps de pandémie, même s'il entraîne des conséquences dramatiques d'ordre humain, social, économique, permet à tous les écomusées, mais aussi à tous les projets patrimoniaux qui s'occupent du patrimoine vivant sur des territoires déterminés, de montrer la voie d'une prise de conscience de la ressource que ce patrimoine peut représenter pour chacun d'entre nous et pour l'ensemble de nos communautés, comme facteur d'éducation, de loisir, de développement personnel et collectif. Et cela selon des modalités et des formes qui ne sont pas virtuelles, qui ne nécessitent aucun "protocole" particulier, puisque tout se passe sur un territoire ouvert avec les paysages et le patrimoine commun, chez les gens eux-mêmes avec leur patrimoine domestique ou mental, entre des professionnels ou des bénévoles militants qui n'ont pas besoin de se rencontrer physiquement.

Les musées traditionnels pourraient en prendre de la graine et laisser reposer leurs collections et leurs expositions pour aller vers leurs territoires et vers les populations qui les entourent.

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 10:06

Cela fait un an que la pandémie nous donne, où que nous soyons, beaucoup de difficultés, d'angoisses, de deuils. Mais, l'humanité étant résiliente et éminemment adaptable et évolutive, cette crise aura produit des effets positifs, en suscitant nombre d'inventions, notamment dans le domaine tant des institutions que de la vie quotidienne. J'ai déjà ici dit mon émerveillement devant la créativité des acteurs du développement local et en particulier de la gestion du patrimoine vivant. L’utilisation, imprévue mais très rapidement adoptée avec enthousiasme, des technologies de communication par internet, visioconférences, webinaires, Whatsapp et autres, a permis à des professionnels et à des militants, isolés sur leurs territoires et débordés de tâches, de partager leurs expériences concrètes et leurs idées utopiques ou politiques, en fonction de leurs situations réelles, mais aussi en s'ouvrant à des dialogues ou à des débats avec des interlocuteurs éloignés, parlant d'autres langues, dans d'autres contextes.

L'année 2020 a vu ainsi le succès des rencontres virtuelles du programme EU-LAC sur les musées communautaires en Amérique Latine, dans les Caraïbes et en Europe, la mise en œuvre d'un programme pluriannuel d'échanges entre les écomusées italiens et brésiliens, de très nombreux débats et confrontations de pratiques  lancés par des groupes locaux, mais largement diffusés par les réseaux sociaux et sur Youtube et aussi, dans notre domaine, par la plateforme DROPS, touchant ainsi des personnes éloignées, parfois inconnues des réseaux organisés et peu habituées aux réunions internationales.

Curieusement, alors que les organisations professionnelles nationales et internationales se bornaient à des discussions plus ou moins théoriques sur l'évolution et la modernisation de leurs pratiques traditionnelles, les acteurs du terrain s'éloignaient de plus en plus de ces pratiques et cherchaient à trouver ensemble des réponses aux problèmes posés par la vie quotidienne des communautés, des territoires et des patrimoines, sans a priori.

On aurait pu penser que les restrictions qui touchaient les déplacements et les relations sociales mèneraient rapidement à un certain découragement et que le flux des initiatives se tarirait. Il n'en a rien été, bien au contraire. Même si je suis, par mon âge et mon éloignement du terrain, moins touché par l'information, moins actif sur les réseaux sociaux et moins impliqué dans ces initiatives, je suis impressionné par la poursuite de ce mouvement spontané qui va probablement se poursuivre après la fin espérée de la pandémie, car les liens qui se sont créés ne se détendront pas.

C'est ainsi que la rencontre de deux chercheuses, l'une plus orientée vers le patrimoine et l'institution muséale - Manuelina Duarte, Université de Liège (Belgique) et Université fédérale de Goias (Brésil) -, l'autre qui considère le patrimoine à partir d'un point de vue de développement territorial - Giusy Pappalardo, Université de Catane (Sicile, Italie), appuyées par leurs universités respectives, a abouti au lancement d'un vaste programme de réflexion et d'échanges sur le thème général "Gens de musée en dialogue" et sous le titre "La Tour de Babel". Le but de cette série de onze webinaires qui se dérouleront en français, italien et anglais entre le 12 février et le 26 avril "est de creuser les intersections entre paysage et patrimoine, ouvrant la discussion vers divers échanges transnationaux et transdisciplinaires. L'idée du titre est liée à l'opportunité d'explorer différentes langues, domaines et jargons impliqués dans le domaine des musées, leurs relations avec les gens, leurs territoires, le développement local et la muséologie. La grande question derrière ce voyage est de savoir comment les gens s'identifient aux signes tangibles et intangibles de leur passé, afin de planifier un avenir plus juste et inclusif, en période de transition écologique et de changements sociétaux."

Tous les sujets proposés sont passionnants et liés à des problématiques sociales, économiques et politiques. Leur examen en commun devrait aboutir, non pas à des spéculations philosophiques, mais à la révélation de situations nouvelles et à des réalisations concrètes sur le terrain, que l'on peut espérer se développer à partir de coopérations et de collaborations entre des acteurs locaux de différents pays et leurs institutions

.

Pour les détails d'organisation, voir  http://web.philo.ulg.ac.be/museologie/agenda/

Contacts:

babeltowerwebinars@gmail.combabeltowerwebinars@gmail.combabeltowerwebinars@gmail.com

Manuelina Duarte: mmduartecandido@uliege.be

Giusy Pappalardo: giusy.pappalardo@unict.it

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 11:36

Il y a quelques jours, la Fédération (française) des écomusées et musées de société (FEMS) a publié un communiqué de presse en solidarité avec les musées de France, pour réclamer la réouverture des musées, actuellement fermés pour cause de pandémie. On peut comprendre une telle démarche, surtout de la part des musées de société qui partagent avec les plus grands musées des soucis de collections, de manifestations (expositions), de publics. Mais on peut regretter que ce n'ait pas été l'occasion de rappeler que les écomusées, selon les principes actuellement agrou verontdmis dans la plupart des pays, portent sur des territoires, des populations et des patrimoines: les collections sont secondaires, les visiteurs extérieurs s'ajoutent seulement aux habitants qui sont les premiers acteurs du musée et le territoire comme le patrimoine qui s'y trouve sont en permanence accessibles et ne dépendent pas d'horaires d'ouverture.

Par conséquent, on ne voit pas pourquoi un écomusée serait "fermé", alors que son patrimoine reste vivant et disponible. La FEMS avait d'ailleurs, pendant le premier confinement, en mars-avril dernier, diffusé une liste très riche et très variée d'initiatives prises par ses membres pour démontrer comment leurs activités pouvaient continuer. Dans de nombreux pays il en a été de même ; on a même pu constater une créativité exceptionnelle et la naissance de réseaux de coopération.

On peut aussi penser que les habitants des territoires qui ont la chance de pouvoir disposer d'un écomusée, ou d'un musée communautaire, peuvent trouver dans l'offre de participation à la gestion et à la mise en valeur du patrimoine vivant qui leur est commun une manière de lutter contre la morosité, l'inactivité, le déficit de relations sociales qui résultent du confinement et des autres mesures de sécurité sanitaire.

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28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 11:14

Que dire à mes amis, collègues et lecteurs pour la nouvelle année ? Qu’elle soit bonne et heureuse, naturellement. Qu’elle soit meilleure que la précédente, évidemment. Mais tout ça est bien banal et convenu, et ça ne sert pas à grand-chose.

Je préfère cette fois faire autrement, et vous inviter, tous et chacun, à deux démarches, d’abord rechercher dans l’année passée ce qu’elle a de positif ; ensuite prévoir de maintenir et de développer ces acquis constructifs.

 

Qu’ai-je noté de positif et de constructif dans cette année 2020 qui a été difficile, ou même dramatique pour beaucoup ?

- j’ai eu du temps et j’ai pris le temps pour faire des choses qui paraissaient impossibles auparavant : ranger et mettre en ordre, apprendre et plus ou moins maîtriser de nouvelles techniques, réfléchir à de nouvelles manières d’exprimer mes idées. Peut-être en avez-vous fait autant, pour être prêts à créer un nouveau désordre créatif en 2021 ?

- la stabilité des périodes de confinement, la réduction de mon périmètre d’activité m’ont obligé à regarder mieux et plus en détail mon cadre de vie et mes relations avec les autres ; mon territoire est plus petit, mais je peux le connaître mieux. Avez-vous en la même impression de calme et d’approfondissement, de redécouverte de la lenteur ?

- ma consommation, comme celle de bien d’autres, à changé, en quantité comme en qualité : un équilibre a commencé à s’établir entre une mondialisation souvent indispensable et porteuse de progrès, et une attention aux ressources et aux potentiels du voisinage, de l’échange. Les témoignages sur ces nouveaux comportements se multiplient et laissent espérer une contagion imaginative et créative.

- la permanence et la densité de l’information sous toutes ses formes, ses manifestations les plus douteuses et ses conséquences sur le moral et sur les réactions des gens ont aiguisé mon esprit critique et m’ont obligé à faire des choix dans les opinions émises et reçues, pour acquérir une certaine patience et un sens de la futilité du court terme. Manifestement, les abus constatés et leurs conséquences souvent dramatiques sont en train de faire comprendre les limites de la liberté d’expression.

- de très nombreux projets « hors les murs », utilisant soit l’espace libre dans les villes comme dans les campagnes ou dans la nature, soit des moyens techniques et ludiques de communication, à partir d’institutions telles que les musées, surtout ceux de type communautaire ; ces projets pouvaient être culturels, éducatifs, solidaires, sportifs… On retrouve la dynamique de l’initiative locale, surtout collective, comme réponse à la nécessité.

- la rencontre, certes virtuelle mais très vivante, de tant de gens passionnants et passionnés appartenant à mon environnement professionnel que je n’aurais jamais pu rencontrer dans le monde d’hier, parce que les moyens de voyager et de se rencontrer physiquement étaient si limités, pour eux comme pour moi.

Ce dernier point est certainement, à mon avis, le plus important pour beaucoup. Je me souviens du temps où je devais, par obligation professionnelle, organiser de nombreuses réunions chaque année, et participer à des quantités de rencontres organisées par d’autres, au plan national ou international. Toutes ces réunions étaient formelles et réservées à des privilégiés qui avaient le droit et les moyens de participer. L’année dernière, brusquement, les obstacles ont été levés, par d’innombrables initiatives spontanées, informelles ou formelles, ouvertes sur le grand large, qui attiraient et faisaient s’exprimer des personnes qui autrefois seraient restées isolées sur leur lieu de travail.

Je pense que nous pouvons tous, en fonction de notre situation et de la manière dont nous avons vécu ces mois imprévus et compliqués, faire cet inventaire de ce que nous avons gagné, intellectuellement, pratiquement, dans notre vie personnelle et professionnelle, et que nous aimerions conserver pour l’avenir.

 

Car il va falloir maintenant travailler pour que ces acquis soient durables, et même soutenables, qu’ils deviennent des facteurs de mieux-être et de mieux-faire. Il ne faudra pas essayer de revenir à des pratiques anciennes sous prétexte que « c’était mieux avant ». Il faudra aussi résister à la croissance à tout prix.

Et cela, je crois, de deux manières :

- faire reconnaître et généraliser non seulement les nouvelles méthodes et les actions innovantes, mais surtout les faire passer du provisoire et de l’expérimental au définitif, pour les amener progressivement à se substituer aux anciennes pratiques ;

- aider et accompagner tous ceux, individus, groupes ou institutions, qui auront souffert des changements professionnels, économiques et sociaux qu’ils n’auront pu maîtriser et auxquels ils n’auront pu s’adapter. Même si des milliards ont été dépensés, à juste titre et dans tous les pays, pour compenser autant que possible les pertes matérielles et morales subies du fait de la pandémie et de ses conséquences directes et indirectes, rien de remplacera jamais le rôle que chacun d’entre nous peut avoir pour aider nos semblables à vivre et à accepter les transformations qui s’imposent à nous tous.


En tout cas, très bonne année 2021 !

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 12:12

Le réseau des écomusées italiens et l'Association Brésilienne des Écomusées et musées communautaires (ABREMC), avec le soutien de la Plateforme internationale DROPS (https://sites.google.com/view/drops-platform), ont pris l'initiative de tenir, ces trois derniers mois, deux visio-conférences dans le but de formuler et d'adopter un programme commun de coopération entre les écomusées des deux pays. La rédaction d'une charte de principes et de valeurs communes et aussi propres à chaque réseau a donné une base à un plan d'actions décennal d'échanges d'informations et de personnes, de rencontres et de formations à distance, de projets de travail en commun. C'est la première fois, je crois que des responsables de musées de deux pays, en dehors de toute incitation ou de tout soutien de la part d'une institution publique, s'entendent sur une longue durée pour avancer ensemble dans l'expérimentation sociale et culturelle.

Voir: https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfwX-H2eUkuhgVqJCwIVawioLSKlCJhO-RgWlss2YpDrTUsmA/viewform

Cela a été rendu possible par plusieurs années d'échanges ponctuels qui ont créé des occasions de reconnaissance mutuelle, de communication au delà des différences linguistiques, de sympathies partagées. La visite de plusieurs membres de l'ABREMC à quelques écomusées italiens en 2011, la participation italienne au IV EIEMC de Belém en 2012, la venue d'une délégation brésilienne au Forum des écomusées et musées communautaires à Milan en 2016, un stage Erasmus d'une doctorante brésilienne dans les écomusées piémontais et d'autres participations croisées, tout cela a fait naître le désir d'étendre les relations à un nombre croissant d'écomusées et surtout de responsables de ces écomusées.

L'arrivée de la pandémie COVID 19 en cette année 2020, et la découverte des énormes possibilités offertes par les échanges visuels à distance, à travers Skype, Zoom, Meet, et autres, dont l’apprentissage était possible pour un minimum de connaissance technique, de temps et de coûts, a été le déclencheur d'un mouvement qui vient de se concrétiser par une charte et un programme d'action concertée.

On dépasse maintenant les classiques coopérations entre deux musées ou structures patrimoniales appartenant à des pays si possible parlant la même langue. Car brésiliens et italiens, même s'ils parlent deux langues d'origine latine, doivent quand même faire des efforts pour se comprendre, mais manifestement ils y arrivent, et il font cela dans la diversité des intérêts et des situations locales.

Je crois que ce n'est qu'un début et que d'autres inter-réseaux comme celui-ci vont voir le jour, même sans l'aide d'une pandémie. Une initiative analogue avait été lancée en 2016, entre les réseaux de musées autochtones ou indigènes du Brésil, du Mexique et du Québec; on peut espérer qu'elle reprendra et se développera, notamment avec l'aide des moyens de communication à distance que l'on maîtrise maintenant.  Je note aussi qu'en cette année 2020, un colloque international initié par deux institutions, le Museum National d'Histoire Naturelle de Paris et le Musée de l’Éducation de Santiago, a rassemblé un grand nombre de responsables de musées communautaires ou de militants de la muséologie sociale, dans le souvenir et pour l'actualisation de l'esprit de la Table ronde de Santiago de 1972. Les actes vont en être très vite publiés et il y aura peut-être des suites. Le fait que la pandémie ait empêché de tenir ce colloque "physiquement" avait obligé à le réaliser virtuellement, ce qui a permis à des dizaines de personnes intéressées, qui n'auraient pas pu aller à Santiago, d'y participer.

Il faut suivre tout cela car c'est sans doute là que réside un peu de l'avenir de nos institutions patrimoniales.

 

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 11:20

Depuis neuf mois, le monde des musées "communautaires" (écomusées, musées autochtones, musées de territoires, de minorités...) a connu un bouleversement considérable. Individuellement, chacun de ces musées s'est organisé pour servir sa communauté en tenant compte de la situation locale et des ressources offertes par le territoire, la population, le patrimoine, pour répondre aux besoins quotidiens, à l'éducation, aux loisirs, et pour mettre en mouvement, à travers confinements et dé-confinements, les savoirs, les initiatives, les solidarités.  Collectivement, l'utilisation intelligente et systématique des réseaux sociaux et des plateformes de communication a vu se créer des occasions de travail en commun, sans tenir compte du coût des voyages, du temps ou du décalage horaire. Des colloques nationaux ou internationaux, qui se seraient en temps normal tenus entre privilégiés et institutionnels, ont attiré, ont fait s'exprimer et se rencontrer visuellement des centaines de participants. Même les difficultés linguistiques de communication ont trouvé parfois des solutions inattendues.

Pendant ce temps, les musées traditionnels rencontraient eux aussi un bouleversement considérable. Ils connaissaient les mêmes difficultés que toutes les entreprises publiques ou privées soumises au marché et aux décisions de santé publique: fermeture administrative, mise au chômage du personnel, même scientifique, absence de tout ou partie du public et des ressources propres, interruption ou report des activités, maintien des frais de fonctionnement et parfois même baisse des subventions publiques et du mécénat. Certes des efforts ont été faits pour une valorisation numérique des collections et pour la création de nouveaux "produits", mais dans la dépendance de mesures de sécurité sanitaire peu adaptées à leur mode habituel de fonctionnement. Des musées vont même jusqu'à fermer définitivement leurs portes, tandis que d'autres, pour survivre, vendent des objets de leurs collections ou même licenciaient leur personnel de médiation ! Et cela dans le monde entier.

Comment en est-on arrivé à une telle différence de pratiques entre des musées qui collectent, conservent et présentent les trésors du patrimoine naturel et culturel des provinces, des pays et finalement de l'humanité, et des musées modestes, locaux, qui assurent la relation quotidienne des habitants avec leur patrimoine vivant? C'est probablement le résultat d'une longue évolution, dont j'avais perçu les premiers symptômes lors de la Conférence générale de l'ICOM en 1992, à Québec. A l'époque, on distinguait nettement le début d'une rupture entre les grands musées de collections, artistiques et scientifiques, dépendant de plus en plus de leurs publics et de leurs mécènes, et les petits musées enracinés dans des territoires dont ils voulaient servir le développement et les populations. Ce fossé s'est encore élargi et la situation actuelle le rend encore plus visible.

Les premiers, qui sont parfois des monstres institutionnels, dépendent entièrement de politiques publiques et de ressources de type commercial (billetterie, produits dérivés), tandis que les seconds, qui relèvent de la créativité locale, reposent essentiellement sur leur utilité sociale qui est reconnue par la population et par ses représentants-élus locaux (sinon ils n'existeraient plus). Les premiers doivent financer collections, bâtiments et expositions, les seconds utilisent le patrimoine local et en font la promotion, organisent des actions de proximité avec les moyens humains ou matériels disponibles. Les premiers sont perdus quand le tourisme de masse disparaît, les seconds inventent facilement de nouveaux moyens de communiquer entre voisins et peuvent s'endormir quelque temps, pour se réveiller dès que les gens recommencent à bouger.

Les petits musées communautaires des terroirs et des quartiers n'ont pas de leçons à donner aux musées métropolitains: ils ne sont pas de la même échelle et n'ont pas les mêmes responsabilités. Ils n'ont pas non plus de leçons à en recevoir. Mais un dialogue constructif pourrait s'engager, en ces temps de pandémie, pour faire circuler les idées entre ces deux mondes qui s'ignorent, au plan national comme au plan international. Le débat interne qui s'est engagé à l'ICOM sur la définition du musée est complètement dépassé: le musée idéal n'existe pas et les musées ne peuvent pas se couler dans un moule imposé par une organisation internationale ou des législations nationales. Par contre, chaque musée doit, ou devrait, définir ses propres objectifs, ses missions et ses moyens, en fonction des demandes de ses "propriétaires" et des besoins de ses "usagers".

L'exemple italien a montré qu'il était possible de distinguer, y compris législativement, les musées classiques de collections, appartenant aux villes, aux régions ou à l’État, des écomusées d'intérêt territorial, reconnus par les régions ou les provinces , remplissant des missions spécifiques et jouissant de modes de gouvernance également spécifiques. En Amérique Latine, les musées communautaires donnent à la culture et au patrimoine vivants des communautés une mission de conscientisation et de prise de responsabilité publique. Ailleurs ces musées d'un type particulier restent trop souvent marginaux, on pourrait même dire hérétiques, puisqu'ils n'obéissent pas strictement aux règles enseignées par les formations universitaires et par les groupements corporatistes.

En partie grâce à la pandémie, ils vont émerger dans leur spécificité, montrer non seulement leur résilience, mais surtout leur capacité d'inventer sans cesse des formules de gestion patrimoniale au service des territoires et des communautés. Ils ont montré leur capacité de fonctionner collaborativement en réseaux, en utilisant toutes les techniques et toutes les méthodes offertes par le monde moderne qui les entoure. Même s'ils ne sont pas reconnus publiquement, ils se reconnaîtront entre eux et progresseront ensemble.

 

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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 12:10

Les professionnels de la culture, des arts et des spectacles s'inquiètent, non seulement pour leurs programmes de cette année (concerts, festivals, expositions, etc.) et surtout pour leur propre situation, actuellement et dans l'avenir. C'est vrai en France et sans doute dans tous les pays. Les médias relayent quotidiennement analyses et déclarations.Brouillons J'ai moi-même, dans ma famille, des artistes qui se sentent à juste titre menacés dans leur carrière et dans leurs perspectives économiques à plus ou moins court terme.

Cette situation est intéressante, au delà du confinement du printemps 2020 et des risques que courent encore bien des activités artistiques "vivantes" et les institutions du patrimoine. On dit aussi que cette pandémie peut être considérée comme une première expérience, qui devrait nous préparer à ce qui nous attend inexorablement avec le réchauffement climatique, puisque, à l'évidence, nous ne parviendrons pas à réaliser une "transition climatique" volontaire et organisée dont tout le monde parle mais qui reste de l'ordre du discours.

Il faut donc peut-être se convaincre d'une réalité, que l'on soupçonnait déjà lors de la crise financière de 2008: la Culture, au sens des ministères de la culture, des professionnels des arts, du patrimoine et des spectacles, et des penseurs disciples de Malraux et bien d'autres, ne fait pas partie des activités essentielles à l'immense majorité des hommes et des femmes de notre temps. Qu'il s'agisse de financements, de priorités politiques ou d'informations, la culture vient après la santé, l'emploi, l'éducation. Cela ne veut pas dite qu'elle n'a pas d'importance, mais qu'elle ne vient pas en tête de nos préoccupations, surtout en cas de crise, quand les choses vont mal.

Les activités dites culturelles font partie des loisirs, de l'occupation des temps libres, des programmes de visites touristiques, et encore à la condition qu'elles soient fortement subventionnées sur crédits publics ou par le grand mécénat, pour qu'elles ne coûtent pas trop cher au consommateur. Les gens cultivés eux-mêmes ne sont pas prêts à payer le coût réel des spectacles, des expositions, de l'entretien du patrimoine, ou plutôt nous le payons en grande partie à travers nos impôts, qui sont payés par tous, même par ceux qui n'ont pas envie d'en profiter, et qui sont les plus nombreux (le non-public).

Or la situation est sérieuse: depuis soixante ans, du moins en France, les institutions culturelles se sont multipliées, au point de doter la France de ce statut d' "exception culturelle" qui est si souvent brandi comme faisant partie d'un certain modèle français. Plus grave encore, depuis plus de quarante ans, la culture s'est tellement professionnalisée que ce sont des centaines de milliers d'emplois salariés (et pas seulement d'artistes) qui ont été créés dans les différentes disciplines artistiques et culturelles et dans les métiers techniques qui leur sont indispensables. Et cela au prix de la disparition de beaucoup de pratiques amateurs de qualité, gratuites et ancrées dans les territoires dont elles assuraient l'animation au quotidien.

Le statut français des intermittents du spectacle, unique au monde, socialement généreux et économiquement absurde, est le fruit hybride des politiques d'aides à l'emploi face au chômage de masse et du refus des commanditaires et des usagers de payer le vrai prix de leurs consommations culturelles. Si tous les vrais professionnels du monde culturel étaient des entrepreneurs et des salariés de droit commun, qui facturaient leurs prestations à leur vrai prix, on aurait une vraie image de ces professions et de la réalité de leurs publics. D'autre part, les professionnels limiteraient peut-être leurs exigences toujours plus grandes et coûteuses en termes de techniques de construction, de mise en scène, d'exposition.

Mais est-il possible de changer ce volet culturel de l’État Providence ? Non pas de revenir à une état ancien supposé meilleur, mais de travailler avec chaque secteur, au niveau des territoires et surtout avec les collectivités responsables de la vie de ces territoires, pour définir des politiques culturelles soutenables, distinguant et associant les besoins et les demandes de la population au sens large (cultures et patrimoines vivants), des professionnels et des milieux de l'éducation, de la recherche, de la création et des pratiques exigeantes (haute culture) et de l'industrie du tourisme et des loisirs (économie de la culture), pour leur apporter des réponses différenciées et viables.

Cela supposerait de passer d'une politique de l'offre dite culturelle, en réalité missionnaire dans son vocabulaire comme dans ses pratiques au nom des croyances d'un petit milieu proche des cercles du pouvoir, à une politique de la demande, étroitement liée aux pratiques et à la créativité des gens, à tous les niveaux de la société et de tous les âges.

Il faudrait sans doute, dans cette hypothèse, supprimer le ministère de la culture, ou bien en limiter la responsabilité à la gestion de quelques institutions nationales qui ne pourraient relever d'aucune collectivité de niveau inférieur, essentiellement des institutions du patrimoine matériel et immatériel, comme le Louvre, Versailles, la Comédie Française et l'Opéra de Paris. Pour tout le reste, ce serait la subsidiarité qui serait la règle et une participation active et responsable des publics de la culture et des milieux intéressés qui assureraient eux-mêmes cette soutenabilité des arts et du patrimoine en France. Tout ceci est hérétique et provocant, mais le temps que nous vivons n'est-il pas favorable pour remettre en cause des certitudes qui n'ont pourtant qu'une soixantaine d'années et qui reposent sur des affirmations d'arbitres du goût et de spécialistes auto-proclamés qui défendent les points de vue d'une minorité de privilégiés.

 

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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 16:06

Tout le monde - le gouvernement, les experts, les médias - a l'air d'être certain que les mois et peut-être les années qui viennent vont voir "exploser" le chômage, en France, en Europe et dans beaucoup de pays du monde. C'est à dire que toute une génération active (20-60 ans) et une génération de jeunes arrivant sur le marché du travail vont connaître d'énormes difficultés d'emploi, à tous les niveaux de qualification et de compétence.

Dans le même temps, la démographie va continuer à multiplier le nombre de retraités qui, pour ceux qui sont encore raisonnablement en bonne santé, ou du moins capables d'une activité, ne pourront, pour beaucoup, contribuer à l'avenir du pays que par la consommation de biens et de services. Il leur restera évidemment aussi les services intra-familiaux, qui seront très importants, même si le caractère "fragile" de cette catégorie de population a tendance à les "confiner" plus ou moins strictement selon les moments.

Devant ce constat qui n'a rien d'original, je me pose une question que je voudrais débattre avec d'autres, non pas au plan théorique, mais de façon concrète et appliquée, à partir de nos situations réelles et du lieu même où nous vivons:

 

Que puis-je faire, en tant que vieux encore relativement actif, pour soutenir, accompagner, aider les victimes de cette vague du chômage de masse qui arrive ?

 

Puis-je m'organiser avec d'autres vieux actifs pour mettre en commun nos moyens, intellectuels et matériels, nos compétences et nos réseaux et les rendre collectivement disponibles et utiles pour les chômeurs qui vont vivre à côté de nous, sur nos territoires ?

 

Peut-on commencer à rassembler des exemples de cas récents ou actuels qui pourraient nous inspirer ?

Des ONG françaises existent qui sont sans doute déjà capables de répondre à ces questions: Solidarités nouvelles face au chômage, OLD'UP, OR GRIS, d'autres encore sans doute. Peuvent-elles lancer une campagne de réflexion, de communication et de mobilisation nationales ? Peuvent-elles demander à l'Europe de relayer au plan européen cette idée ? Il ne s'agit pas d'argent, mais de bien commun. Nous devons tous vivre ENSEMBLE, aussi bien que possible, les mois et les années qui viennent.

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